Korhogo le 25 mai 2026 – À l’initiative du Rotary Club Abidjan Djibi Étoile, étudiants en santé, autorités sanitaires et praticiens à Korhogo ont été plongés le vendredi 22 mai 2026 dans une réalité souvent méconnue, mais terriblement meurtrière : celle du cancer pediatrique. Comment venir à bout de cette maladie pernicieuse ?
« Les cancers pédiatriques : définition, enjeux et prise en charge ». Ce thème donnait déjà le ton d’un combat bien discret engagé par ce Club rotary.
Dans l’enceinte de L’INFAS, face à un auditoire attentif, le Professeur Atteby Yao, chef du service d’oncologie pédiatrique de Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, a donné un exposé aussi scientifique qu’alarmant sur l’ampleur du fléau.
Dans un pays où les diagnostics arrivent souvent trop tard, la bataille se joue désormais sur le terrain de l’information et de la prévention. « Un infirmier ou une sage-femme capable de reconnaître les signes précoces d’un cancer pédiatrique, c’est potentiellement une vie sauvée dans un village reculé », a insisté Tiornon Konaté, président du Club.
Car en Côte d’Ivoire, les chiffres donnent froid dans le dos. Officiellement, près de 300 nouveaux cas de cancers pédiatriques sont recensés chaque année. Mais les projections épidémiologiques évoquent en réalité plus de 1 000 nouveaux cas annuels chez les enfants de moins de 15 ans. Une sous-estimation dramatique, alimentée par la pauvreté, l’ignorance, les croyances et l’absence de dépistage précoce.
Le lymphome de Burkitt, les leucémies aiguës, les cancers du rein ou encore le rétinoblastome figurent parmi les pathologies les plus fréquentes. Pourtant, dans de nombreuses familles, consulter un spécialiste demeure un luxe inaccessible. Résultat : les enfants arrivent à l’hôpital à des stades avancés où les chances de survie sont réduites.
C’est précisément contre cette fatalité que le Rotary Club Abidjan Djibi Étoile veut se dresser. Agréé en juin 2023 et fort de 17 membres, ce jeune club affilié au Rotary International entend faire du cancer pédiatrique une priorité nationale dans ses actions. Son approche dépasse largement le simple cadre académique.
À Korhogo, l’initiative s’est articulée autour de plusieurs axes : former les futurs agents de santé à reconnaître les signes d’alerte, orienter rapidement les enfants vers les structures spécialisées, mais aussi soutenir directement les familles plongées dans la précarité par la maladie.
Les responsables de ce club ont pu voir de près les dures réalités dans les couloirs du CHR de Korhogo où certaines familles vivent un véritable chemin de croix. Parents sans revenus, ordonnances impossibles à honorer, traitements interrompus faute d’argent : la maladie devient alors une double peine. Conscient de cette urgence sociale, le club prévoit la distribution de kits alimentaires et de produits d’hygiène aux accompagnants d’enfants hospitalisés.
Plus encore, le Rotary entend financer directement certains médicaments et consommables médicaux pour les enfants dont les familles sont incapables de payer les prescriptions du jour. Une aide discrète, mais souvent plus que nécessaire.
Au-delà des soins, le club mise également sur une vaste campagne de sensibilisation à travers les médias et les réseaux sociaux afin de briser les tabous qui entourent encore le cancer pédiatrique. La conférence de Korhogo a d’ailleurs été pensée pour être diffusée dans les autres antennes de l’INFAS à travers le pays.
Dans une Côte d’Ivoire où les urgences sanitaires se multiplient, cette offensive du Rotary Club Abidjan Djibi Étoile apparaît comme un signal fort d’un engagement et d’un combat. Car derrière chaque statistique se cache un enfant. Et derrière chaque enfant malade, une famille suspendue à l’espoir d’un diagnostic posé à temps.
B. K