San-Pédro le 19 avril 2026 – Dans le cadre du projet d’urgence de la Fédération Internationale pour la Planification Familiale (IPPF), l’Association Ivoirienne pour le Bien-Être Familial (AIBEF), antenne de San Pedro, a organisé le 17 avril 2026 une journée porte ouverte à son siège de Bardot 18, avec pour objectif de rapprocher les services de santé des populations.
Cette initiative organisée en collaboration avec le district sanitaire, en vue de renforcer l’accès aux services de santé reproductive, a été précédée par des consultations foraines tenues du 10 au 12 avril 2026 au grand marché de San Pedro situé à Marikro.
Intervenant à cette occasion, Nassa Canelle Régina, présidente du Mouvement d’Action des Jeunes (MAJ) de l’AIBEF, a indiqué que ces actions visent à rapprocher les jeunes des services de santé et à lever les tabous autour des questions de sexualité. Elle a insisté sur la nécessité d’intensifier la sensibilisation afin de réduire les grossesses précoces et les infections sexuellement transmissibles.
« La journée porte ouverte a permis de sensibiliser les visiteurs sur les thématiques liées aux infections sexuellement transmissibles, au VIH/SIDA et aux cancers qui touchent les femmes », a-t-elle précisé.
Pour Lath Yédiou Danielle, sage-femme et représentante du coordonnateur régional de l’AIBEF, les consultations médicales, les services de planification familiale, ainsi que le dépistage précoce des cancers du col de l’utérus et du sein sont les moments importants dans la prévention des complications sanitaires.
Les campagnes foraines ont permis, selon elle, de toucher plus de 500 personnes, dont de nombreux jeunes. Elle ont également permis d’offrir des services de planification familiale à 200 bénéficiaires, parmi lesquels 80 nouvelles utilisatrices. Ces campagnes foraines ont surtout contribué au dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus et à la prise en charge de cas d’infections sexuellement transmissibles, souligne Danielle Lath.
Pour Sango Miriata, une participante à cette séance de dépistage, cette activité lui a permis d’être située sur son état de santé. « Grâce à ces consultations gratuites, j’ai pu réaliser des examens que je n’avais jamais effectués auparavant. Aujourd’hui, je suis rassurée et mieux informée », a-t-elle confié.
La mise en œuvre de ces activités a reposé sur une forte mobilisation communautaire impliquant agents de santé, leaders communautaires et religieux, établissements scolaires, associations de femmes et de jeunes, ainsi que les médias de proximité.
Il convient de rappeler qu’en Côte d’Ivoire, la santé maternelle demeure une préoccupation majeure. Malgré les engagements pris lors des sommets de Ouagadougou et de Sommets de Londres sur la planification familiale, les indicateurs sanitaires restent préoccupants. Selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS 2021), le taux de mortalité maternelle est estimé à 385 décès pour 100 000 naissances vivantes, contre 74 décès pour 1 000 naissances vivantes chez les enfants de moins de cinq ans. L’indice synthétique de fécondité demeure élevé, à 4,4 enfants par femme, traduisant des besoins encore importants en matière de planification familiale.
Les adolescents et les jeunes figurent parmi les couches les plus exposées, en raison notamment de contraintes socioculturelles, d’un accès limité aux services adaptés et de la persistance des grossesses précoces. À cette situation s’ajoute la suspension des financements de l’USAID.
À travers cette initiative, l’AIBEF entend renforcer l’accès à l’information et aux services de santé reproductive, tout en contribuant à la réduction des risques liés aux grossesses précoces et aux maladies. Une démarche qui met en évidence le rôle déterminant des approches communautaires dans l’amélioration des indicateurs sanitaires en Côte d’Ivoire.
Zétia