Abidjan le 25 juin 2026 – La Côte d’Ivoire demeure sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). La dernière mise à jour officielle disponible, publiée le 19 juin 2026, maintient le pays parmi les juridictions appelées à corriger des insuffisances stratégiques dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération. Entrée dans ce dispositif de surveillance renforcée en octobre 2024, Abidjan n’est pas encore sorti de la zone de vigilance internationale.
Le verdict est clair : la Côte d’Ivoire n’est pas classée parmi les juridictions à haut risque soumises à un appel à l’action, souvent assimilées à une « liste noire ». Mais elle reste bel et bien sur la liste des pays sous surveillance renforcée, communément appelée liste grise. Une situation qui place le pays sous le regard attentif des partenaires financiers internationaux, des banques correspondantes, des investisseurs et des institutions multilatérales.
Le GAFI, ou Groupe d’action financière, est une organisation intergouvernementale créée en 1989. Sa mission est de fixer les règles mondiales de prévention et de répression du blanchiment d’argent, du financement du terrorisme et du financement de la prolifération des armes de destruction massive. Il ne mène ni arrestations ni enquêtes judiciaires. Son arme principale reste la norme : les célèbres 40 recommandations que les États sont invités à intégrer dans leurs lois, leurs banques, leurs administrations et leurs mécanismes de contrôle.
Dans les faits, le GAFI pousse les pays à mieux connaître les clients des banques, à détecter et signaler les opérations suspectes, à identifier les véritables propriétaires des entreprises, à sanctionner les circuits financiers illicites et à coopérer avec les autres États pour suivre les flux d’argent. Une mécanique discrète, mais décisive, au cœur de la crédibilité financière d’un pays.
Pour la Côte d’Ivoire, le maintien sur la liste grise signifie que le chantier reste ouvert. Le pays doit poursuivre la mise en œuvre du plan d’action convenu avec le GAFI et le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). Cette feuille de route doit permettre de renforcer l’efficacité des institutions, d’améliorer la supervision des secteurs exposés, de consolider les enquêtes financières et d’aboutir à des sanctions plus dissuasives.
Une présence prolongée sur la liste grise peut compliquer les relations avec certaines banques étrangères, alourdir les contrôles sur les transferts internationaux et nourrir la prudence de certains investisseurs. Dans un contexte où la Côte d’Ivoire veut consolider son statut de locomotive économique de l’Afrique de l’Ouest, le signal envoyé par le GAFI ne peut être pris à la légère.
Le GIABA, organisme régional partenaire du GAFI pour l’Afrique de l’Ouest, joue là un rôle central dans cet accompagnement. Il évalue les dispositifs nationaux, suit les réformes engagées et aide les États de la CEDEAO à se rapprocher des standards internationaux.
À la date donc de ce 25 juin 2026, la Côte d’Ivoire est toujours inscrite sur la liste grise du GAFI.
JEN