Côte d’Ivoire/Photographes d’Abobo : le REPHOCAPCI met fin à l’anarchie et engage la révolution du métier

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Abidjan le 08 juillet 2026 – Le Réseau des Photographes et Cameraman Professionnels de Côte d’Ivoir‏e (REPHOCAPCI) a donné le ton. À l’occasion du lancement officiel de ses activités dans la commune d’Abobo, ce mercredi 8 juillet 2026, les professionnels de l’image ont affiché une ambition commune : mettre fin à la désorganisation qui fragilise la corporation et engager une profonde mutation du métier. Entre appel à l’unité, nouveaux tarifs, professionnalisation et recensement des acteurs, cette rencontre marque un nouveau départ pour les photographes de la DRENA 4 d’Abidjan.

Le message est clair : les acteurs du secteur doivent afficher une volonté commune de rompre avec les pratiques anarchiques, désordonnées qui freinent depuis des années le développement de leur métier.

La cérémonie, qui a réuni plusieurs responsables professionnels et partenaires, s’est transformée en une véritable tribune en faveur de la restructuration de la corporation. Tous les intervenants ont insisté sur une même priorité : l’unité des photographes pour garantir un avenir plus prometteur à la profession.

Premier à donner le ton, le président de l’Organisation Professionnelle Départementale de l’Audiovisuel et de la Communication d’Abobo, Coulibaly Abdoulaye, a dressé un constat sans détour. Selon lui, la prolifération des associations constitue aujourd’hui l’une des principales causes des difficultés que rencontrent les photographes.
« La multiplicité des associations est à l’origine des difficultés des photographes », a-t-il regretté, avant d’appeler l’ensemble des professionnels à dépasser les querelles de chapelle. « Je souhaite l’unité dans le secteur pour le bonheur de tous », a-t-il lancé.


Même son de cloche du côté des partenaires du monde éducatif. Le président de la Plateforme des COGES, Alphonse Koffi, a assuré les photographes du soutien des établissements scolaires, à condition que la profession sache s’organiser.
« Je vous promets le soutien des COGES. Il suffit de vous organiser. L’école est un marché potentiel que vous pouvez capter », a-t-il déclaré, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives économiques aux professionnels de l’image.
Mais le moment le plus attendu de la cérémonie restera sans doute l’intervention du président national du REPHOCAPCI, Konan Guy-Claude. Devant une assistance attentive, il a rappelé le rôle essentiel des photographes dans la société.
« Sans les preneurs d’image, il n’y a pas d’histoire », a-t-il affirmé avec force, avant d’annoncer l’entrée en vigueur immédiate des nouveaux tarifs homologués de la profession.

Désormais, la photo au format 13×18 est fixée à 1 000 FCFA, tandis que le format 10×15 est arrêté à 750 FCFA. Une décision qui vise à mettre fin à la guerre des prix et à préserver la dignité du métier.
Le président national a invité tous les photographes à appliquer rigoureusement ces nouveaux tarifs, estimant que seule une corporation organisée et disciplinée pourra défendre efficacement ses intérêts.
Parrain de la cérémonie, Bamba Yacouba a, pour sa part, livré un véritable plaidoyer en faveur de la professionnalisation du secteur.
« Vous êtes des artistes, des gardiens de la mémoire », a-t-il rappelé aux photographes, les exhortant à privilégier la solidarité plutôt que la concurrence.

Il leur a recommandé de partager leurs expériences, de respecter les tarifs homologués, de renforcer continuellement leurs compétences, de faire preuve de rigueur dans leur travail et de mieux structurer leur organisation.
Le parrain a également invité les photographes à envisager l’organisation de vernissages communs afin de valoriser davantage leur art auprès du grand public.
Dans un geste fortement salué par l’assistance, Bamba Yacouba a annoncé la prise en charge intégrale des frais liés à l’identification de tous les photographes auprès des fichiers de la Chambre des métiers de Côte d’Ivoire, une opération qu’il juge indispensable pour mieux organiser la profession.

Clôturant la série des interventions, le président du REPHOCAPCI de la DRENA 4 d’Abidjan, Eugène Kouacou Koffi, a dévoilé la feuille de route de son équipe.
Il a annoncé le lancement immédiat de l’identification de tous les photographes de sa juridiction afin de constituer une base de données fiable, préalable indispensable à une meilleure organisation des activités.
Pour lui, le métier de photographe est à un tournant décisif.
« La photographie ne doit plus s’exercer comme hier. Les temps ont évolué. Il faut adapter notre métier à l’ère du temps et aux évolutions technologiques », a-t-il insisté.
Le responsable a également placé le renforcement des capacités au cœur de son mandat, convaincu que la maîtrise des nouvelles technologies permettra de faire émerger une nouvelle génération de photographes capables de répondre aux exigences d’un marché de plus en plus compétitif.

A Abobo, les photographes semblent désormais décidés à écrire une nouvelle page de leur histoire. Entre unité retrouvée, professionnalisation, discipline tarifaire et modernisation, le REPHOCAPCI entend redonner à ceux qui immortalisent les souvenirs des Ivoiriens toute la reconnaissance que mérite leur métier.

JEN