Affaire MUTADAFP : 800 victimes, 4 milliards FCFA en jeu, la colère monte

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Des économies de plusieurs années de dures labeur englouties, des familles éprouvées et des remboursements incertains. 

Ce mardi 13 octobre, les victimes présumées d’un programme d’acquisition de terrains piloté par la MUTADAFP ont brisé le silence dans la commune de Cocody. Leur exigence ? Récupérer leur argent. Faute de solution, elles menacent de passer à la mobilisation nationale.

 

Le scandale foncier présumé de la MUTADAFP prend une tournure exponentielle. Réunis en conférence de presse à Cocody, les membres du Collectif des victimes des projets immobiliers de la MUTADAFP (CVPI-MUTADAFP) ont dénoncé une situation qu’ils jugent inacceptable. Selon leur porte-parole, Cahié Kunta, près de 800 personnes, majoritairement étrangères au ministère de l’Économie et des Finances, seraient concernées par un préjudice estimé à 4 milliards de FCFA.

Quand la confiance se transforme en nivaquine

Pour les victimes, la crédibilité supposée de la mutuelle a pesé lourd dans leur décision d’investir. La perspective d’acquérir un terrain auprès d’une structure comme celle-ci liée à l’administration financière leur semblait suffisamment rassurante pour engager leurs économies.

« Ce sont des structures de l’État et nous ne pouvions en douter un seul instant. Et voilà qu’elle se déjoue de nous », s’indigne Yoffo Antoine, venu défendre les intérêts de ses enfants.

Même désillusion chez Traoré Seydou. Convaincu du sérieux de l’opération en raison de son lien avec la mutuelle, il affirme s’être endetté à hauteur de 5 millions de FCFA.

« J’ai complètement soldé jusqu’en juillet 2022 », témoigne-t-il. Malgré ses relances, il dit n’avoir obtenu aucune suite concrète concernant son acquisition. Une attente qui nourrit aujourd’hui son amertume.

Des responsabilités qui se derobent ?

Selon le collectif, les rencontres organisées avec le directeur des Affaires financières du ministère, le nouveau comité ad hoc et le président de la mutuelle n’ont pas permis de dégager une solution satisfaisante.

Les victimes déplorent que leurs interlocuteurs invoquent notamment l’incarcération de l’ancien président de la mutuelle et la procédure judiciaire en cours. Pour elles, la justice doit suivre son cours, mais cela ne saurait justifier, insiste Cahié Kunta, l’absence de réponses à leurs revendications.

Le collectif affirme avoir adressé plusieurs courriers à la Primature, au président de l’Assemblée nationale et aux services compétents du ministère des Finances, sans obtenir, selon lui, de réponse satisfaisante.

« Plus de terrains, rendez-nous notre argent ! »

Désormais, les victimes ne veulent plus entendre parler de nouvelles propositions foncières. Elles réclament exclusivement le remboursement des sommes versées, estimant avoir perdu confiance dans le programme.

Elles interpellent le président de la République, Alassane Ouattara, afin que leur dossier bénéficie d’une attention particulière.

L’audience annoncée pour le 21 octobre 2026 au pôle pénal économique, est désormais attendue comme une possible occasion de déblocage.

Mais la patience a ses limites. Le collectif annonce une nouvelle conférence de presse à la veille du procès et envisage une marche nationale si aucune avancée concrète n’est enregistrée d’ici là.

JEN

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