Côte d’Ivoire : Après les primes, le DG des douanes bloque les pensions de retraités

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Abidjan le 1er octobre 2026 – Suspension de primes, suspension au poste, confiscation de dossier, départ à la retraite et désormais pension bloquée.

Le dossier des 87 agents des Douanes soupçonnés d’irrégularités sur leurs diplômes prend une tournure particulièrement préoccupante. Le cas de Martine Koudou, retraitée depuis le 31 décembre 2025, soulève de sérieuses interrogations sur le traitement administratif réservé aux dossiers des agents.

En effet, le dossier des 87 agents concernés par la suspension de leurs primes continue de faire parler de lui. Une nouvelle question trottine les esprits et s’invite désormais dans l’affaire. Jusqu’où peut aller cette mesure administrative surtout lorsqu’un agent a officiellement cessé son activité et attend la liquidation de ses droits à pension ?

Le cas de Martine Koudou interpelle. Admise à la retraite à compter du 31 décembre 2025, cette ancienne agente affirme avoir constitué son dossier de radiation. Mieux, selon son courrier adressé au Directeur général des Douanes, les pièces auraient été examinées et validées par le ministère d’État, ministère de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, avant leur transmission aux services compétents de la Direction générale des Douanes.

Pourtant, plusieurs mois après son départ à la retraite, la mise en paiement de sa pension n’aurait toujours pas abouti.

Dans un courrier daté du 23 juin 2026, Mme Koudou saisit le Directeur des ressources humaines afin de s’informer sur l’état d’avancement de son dossier puisque la fonction publique n’attend que le OK. En réponse de la DRH par courrier n°2047/MEF/DGD/DRH/SDAS-26 du 22 juillet 2026, dame Koudou Martine est invitée à se rapprocher du Directeur général afin d’obtenir davantage d’informations sur son dossier.

C’est précisément là où le bât blesse.

Car si le dossier de retraite a effectivement franchi les étapes administratives évoquées par l’intéressée, pour quelle raison la procédure demeure-t-elle bloquée ? Quels documents attendent encore une signature ? À quel niveau se situe le blocage ? Et surtout, sur quelle base juridique une pension légalement acquise pourrait-elle être différée ?

Ces questions sont d’autant plus importantes que cette situation intervient dans le contexte Martine Koudou fait partie des 87 agents dont les primes ont été suspendues dans le cadre de soupçons portant sur leurs diplômes. Pourtant la suspicion n’est pas condamnation, et une procédure administrative ne saurait, à elle seule, établir une fraude.

Le dossier de Mme Koudou soulève aussi une autre interrogation : les éventuelles mesures prises à l’encontre des agents concernés peuvent-elles produire des effets au-delà de leur champ légal, jusqu’à affecter des droits à pension d’une personne désormais retraitée ?

Au-delà des courriers, des références administratives et des signatures attendues, il y a surtout une réalité humaine. Une pension retardée n’est pas une simple ligne dans un dossier. C’est un revenu qui manque, des charges qui s’accumulent et, potentiellement, des familles qui doivent continuer à vivre malgré l’incertitude.

La Direction générale des Douanes devra donc clarifier cette situation. S’agit-il d’un simple retard administratif, d’un blocage lié au dossier des 87 agents ou d’une décision reposant sur un fondement juridique précis ?

Une chose est certaine : dans cette affaire, la transparence sur les procédures et les bases légales des décisions apparaît désormais indispensable.

Clarifier le statut exact de Martine Koudou permettrait de cerner les motivations réelles de l’autorité douanière.

 

Jules Eugène N’DA