San-Pédro le 30 septembre 2026 –
À San Pedro, le quartier Séwéké a renoué, le temps d’un week-end, avec une tradition qui semblait s’être peu à peu effacée : celle des retrouvailles, de l’entraide et de la vie communautaire. Du 25 au 27 septembre 2026, la première édition de « Séwéké en Fête » a rassemblé habitants, ressortissants et différentes générations autour d’un même objectif celui de retisser les liens et redonner toute sa place au vivre-ensemble.
À Séwéké, les anciens se souviennent encore d’une époque où les portes étaient ouvertes, où les voisins se connaissaient et où les coups de main rythmaient le quotidien. C’est cette mémoire collective qu’Accablé Alexis, habitant du quartier depuis 1983, a voulu raviver à travers cette initiative.
Initiateur de la plateforme « Chez Nous à Séwéké » et commissaire général de cette première édition, il entend faire de la manifestation un rendez-vous fédérateur dans ce quartier historique de San Pedro, marqué par le brassage des populations et plusieurs décennies d’histoires partagées.
Ici donc, pas question de réduire la fête aux retrouvailles et aux réjouissances. « Séwéké en Fête » a également voulu rappeler qu’un quartier ne peut être agréable à vivre que si chacun contribue à son entretien.
L’opération « Séwéké Propre » en a été l’une des illustrations les plus concrètes. Des jeunes se sont mobilisés pour balayer les rues et nettoyer les caniveaux. Au-delà du simple coup de balai, l’initiative a porté un message de responsabilité collective : l’assainissement du cadre de vie est l’affaire de tous.
Car vivre ensemble, c’est aussi prendre soin de l’espace que l’on partage.
Le « Village des enfants de Séwéké », installé dans la cour de la famille Kapé a également été fortement apprécié. Rencontres, échanges et partage d’expériences ont permis de rapprocher les générations, tout en rendant hommage à la mémoire du patriarche Djié Henri Kapé.
Les actions sociales en faveur de familles, évangélisation et activités sportives ont également rythmé ces trois journées placées sous le signe de la fraternité.
À journée de clôture, dimanche 27 septembre, Accablé Alexis a reconnu les imperfections de cette première expérience, tout en appelant à tirer les leçons nécessaires pour la suite.
« Séwéké nous a donné beaucoup, c’est à nous maintenant de lui donner », a-t-il lancé, annonçant déjà la perspective d’une deuxième édition.
Au nom de la famille Kapé, un représentant a salué cette activité et plaidé pour davantage d’occasions de rencontre entre les générations et les différentes composantes du quartier.
La cérémonie s’est achevée sur une note particulièrement symbolique. En reconnaissance de l’attention portée à leur défunt père, la famille Kapé a attribué à Accablé Alexis le nom « Diahanwah », qui signifie en langue kroumen « Viens nous sauver ». Il a également été revêtu de l’apparat d’un chef kroumen.
Au-delà de la fête, Séwéké semble ainsi retrouver un langage longtemps familier : celui de la proximité, de la solidarité et de la responsabilité partagée. Une dynamique appelée à se poursuivre pour faire du vivre-ensemble, de la socialisation et de la propreté du quartier une véritable affaire collective.
Zétia