Côte d’Ivoire/Koumassi-Campement : Koné Braman face à l’épreuve de la confiance

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Abidjan le 15 septembre 2026 – Trois mois après les démolitions controversées de Koumassi-Campement, le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar, monte au créneau. Ce mercredi 16 septembre 2026, il fera le point sur l’enquête visant l’affaire Alloui Brou Jacques. Une prise de parole très attendue, dans un contexte où la justice est appelée à rassurer autant qu’à dire le droit.

 

Trois mois après les bulldozers, les maisons éventrées et les commerces réduits au silence à Koumassi-Campement, le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar, tiendra ce mercredi 16 septembre une conférence de presse au Palais de justice d’Abidjan-Plateau. Il s’agira pour lui de faire le point sur l’état d’avancement de l’affaire Alloui Brou Jacques, au centre du dossier des démolitions qui ont profondément ému toute l’opinion.

Le rendez-vous intervient dans un climat où la parole judiciaire est scrutée à la loupe.

Accusé par une partie de la classe politique et certaines organisations de défense des droits humains d’être trop proche du pouvoir, le parquet se retrouve ainsi face à une occasion particulière : expliquer, documenter et surtout dissiper les zones d’ombre.

Car dans cette affaire, les questions ne manquent pas.

Le 3 juin 2026, une vaste opération de démolition avait frappé une parcelle d’environ 34 hectares du quartier Houphouët-Boigny, communément appelé « Koumassi-Campement ». La mairie avait alors évoqué l’exécution d’une décision de justice. Mais, sept jours plus tard, le parquet mettait les pieds dans le plat en démentant formellement avoir autorisé une telle opération et annonçait l’ouverture d’une enquête.

Depuis, le dossier a pris une tournure judiciaire. Alloui Brou Jacques, présenté comme celui qui revendiquait les démolitions, a été interpellé le 18 juin à Port-Bouët avant d’être placé sous mandat de dépôt le 29 juin.

À cette procédure s’ajoute une autre enquête : celle annoncée par la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance.

Dans ce contexte, la conférence de presse de Koné Braman dépasse donc la simple mise à jour d’un dossier judiciaire. Elle constitue un moment de vérité institutionnelle. Pour les populations affectées, mais aussi pour les observateurs et les justiciables, l’enjeu sera de comprendre les faits, les responsabilités éventuelles et la suite réservée aux investigations.

Le procureur dispose ainsi d’une tribune pour faire parler les faits plutôt que les procès d’intention. Une occasion de montrer que, dans un dossier aussi sensible, la justice n’a ni camp ni couleur politique : elle a des règles, des procédures et des preuves.

Ce mercredi, les Ivoiriens attendront donc moins des effets de manche que des réponses. Le droit, rien que le droit. Et, surtout, suffisamment de clarté pour que la confiance puisse reprendre ses droits.

 

JEN