Abidjan le 18 février 2026 – À quarante-huit heures du 12ᵉ Congrès de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), prévu les 20 et 21 février, le climat s’alourdit dans la maison des journalistes. Ce mercredi 18 février 2026, face à la presse, le Collectif des journalistes pour le respect des textes a une fois encore dégainé. Dans une déclaration incisive il conteste la candidature de monsieur Franck Ettien. De fait, les membres du collectif qualifient de « dérive institutionnelle » et de « passage en force » cette candidature qui, selon-eux, menacent la crédibilité même de l’organisation.
D’entrée, sur un ton menaçant par des propos à peine voilés, Étienne Atta (L’Héritage), Jérôme N’Dri (Le Nouveau Réveil) et Fulbert Koffi (L’Infodrom), excédés par l’attitude du candidat Franck Ettien se sont voulu très clair. « Une ligne rouge a été franchie », ont-ils subtilement déclaré, rejetant toute animosité personnelle.
À leurs yeux, l’enjeu dépasse la simple compétition électorale, celui du respect pur et simple des textes, de l’égalité entre membres et de la légitimité du processus.
Premier grief : une candidature jugée « juridiquement irrecevable ».
Le Collectif affirme avoir saisi formellement le Comité d’organisation du Congrès ainsi que le Conseil d’administration pour récuser la présence de monsieur Franck Ettien sur la liste électorale avec pour motif invoqué : le candidat Franck Ettien n’aurait pas été à jour de ses cotisations selon le fichier officiel 2024 de l’UNJCI, ne disposant ni de la carte 2023 ni de celle de 2024 au moment requis.
Or, rappellent le collectif, « pour être candidat, il faut être électeur ; pour être électeur, il faut être membre régulièrement à jour ».
Les conférenciers dénoncent alors l’établissement présumé de cartes « antidatées » 2023 et 2024, délivrées à l’approche du Congrès pour « régulariser artificiellement » la situation du candidat. « On ne reconstitue pas un passé administratif pour fabriquer une éligibilité », martèlent-ils, estimant qu’un tel précédent viderait les règles internes de toute substance.
Deuxième axe d’attaque : la « dérive institutionnelle préoccupante ».
Le Collectif accuse le Conseil d’administration d’avoir introduit de facto un statut privilégié pour certains membres des instances, leur permettant d’obtenir des cartes d’années antérieures. Une entorse aux principes d’égalité, soutiennent-ils, d’autant que l’article 27 du Règlement intérieur exige que la tête de liste justifie d’une participation régulière aux activités de l’Union durant les trois années précédant le Congrès.
« On ne peut pas s’absenter pendant des années, puis apparaître à la veille d’une élection comme candidat », insistent-ils, dénonçant un système à « deux vitesses ».
Troisième point : l’incompatibilité entre la qualité de journaliste professionnel et les fonctions administratives exercées par Franck Ettien.
Selon le Collectif, celui-ci aurait déclaré, le 28 janvier 2026, avoir occupé jusqu’en avril 2025 le poste de Directeur de cabinet du président du Conseil régional du Gbôklé. Une fonction administrative et politique jugée incompatible avec l’éligibilité au Congrès.
Plus troublant, affirment-ils : après vérification le 11 février dernier au cabinet du ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, Franck Ettien figurerait toujours sur le fichier 2026 du personnel du Conseil régional du Gbôklé, en tant qu’agent rémunéré par le Trésor public ivoirien. « Comment a-t-il pu obtenir la CIJP 2025 ? Pourquoi ces incompatibilités n’ont-elles pas été prises en compte ? » interrogent les porte-paroles, évoquant une situation « grave » enchant la crédibilité des institutions.
Le Collectif rappelle enfin le précédent de 2022, lorsque la liste conduite par Lance Touré avait été invalidée au nom du strict respect des textes. « Aucune indulgence n’avait été accordée », soulignent-ils, dénonçant aujourd’hui un « deux poids, deux mesures ».
Déterminés à aller « jusqu’au bout de la procédure », le collectif dit avoir saisi la Commission d’attribution de la CIJP, l’Autorité nationale de la presse (ANP), le ministère de la Communication, le Conseil d’administration de l’UNJCI, le Comité d’organisation du Congrès et même le procureur de la République pour l’ouverture d’une enquête.
Tout en saluant l’ouverture au dialogue initiée par le ministre Amadou Coulibaly, ils l’exhortent à « prendre toutes ses responsabilités » pour sortir l’UNJCI d’un cycle de crises qui l’enlise depuis 2016. À la veille du Congrès, la bataille ne se joue plus seulement dans les urnes : elle a déposé désormais ses valises sur le terrain du droit.
JEN