Côte d’Ivoire/UNJCI : un collectif menace de bloquer le congrès si ses exigences ne sont pas satisfaites sous 24 heures 

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Abidjan le 10 février 2026 – ‎À trois jours du 12ᵉ congrès électif de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), le climat se crispe. Réunis ce mardi 10 février à Abidjan lors d’une conférence de presse, les membres du Collectif pour le respect des textes de l’UNJCI ont tiré la sonnette d’alarme et appelé à un report pur et simple du rendez-vous prévu les 13 et 14 février. Une sortie offensive, co-animée par Étienne Atta (L’Héritage), Jérôme N’Dri (Le Nouveau Réveil) et Fulbert Koffi (L’Infodrôme), qui met à nu de graves dysfonctionnements, selon eux, dans l’organisation du scrutin.

‎Face à leurs confrères, les porte-voix du collectif ont assuré agir « ni par goût de la polémique, ni par esprit de division », mais au nom du respect du droit et de l’intégrité de la profession. « Notre volonté est de consolider l’union sacrée au sein de la corporation. Nous ne céderons rien sur cet engagement », a martelé Étienne Atta, le ton ferme.

‎Au cœur de la contestation : la recevabilité de la candidature de monsieur Franck Ettien, tête de liste de « Une Union plus forte, Solidarité et Responsabilité », validée par le Conseil d’administration de l’UNJCI le 17 janvier dernier. Documents à l’appui, le collectif affirme que cette candidature viole frontalement les articles 25, 26 et 27 du règlement intérieur de l’Union.

‎Premier grief de cette contestation porte sur le fichier des membres. Les textes imposent un fichier annuel fiable et actualisé, notamment en année de congrès. Or, selon le fichier 2024, monsieur Franck Ettien n’était pas à jour de ses cotisations et ne disposait ni de la carte 2023 ni de celle de 2024. « Ces éléments, à eux seuls, suffisent à invalider sa candidature », tranche le collectif, qui dénonce l’« invention » d’un statut de « super-membre » permettant à certains dirigeants de s’affranchir des règles communes.

‎Deuxième point encore plus tranchant : la qualité de journaliste professionnel. Le collectif rappelle que monsieur Franck Ettien a reconnu avoir exercé jusqu’en avril 2025 les fonctions de directeur de cabinet du président du Conseil régional du Gbôklé, une fonction jugée incompatible avec l’exercice du journalisme. Or, la période de dépôt des dossiers pour la CIJP 2025 s’est déroulée entre octobre et novembre 2024, alors qu’il occupait encore ce poste. « Comment a-t-il pu obtenir la CIJP 2025 dans ces conditions ? », interrogent les conférenciers, évoquant de « sérieuses zones d’ombre ».

‎Troisième manquement relevé : la violation de l’article 27, qui exige, pour être tête de liste, une participation régulière aux activités de l’UNJCI sur les trois années précédant le congrès. Le collectif affirme que monsieur Franck Ettien s’est éloigné de l’Union en 2023 et 2024, sans détenir les cartes exigées pour ces périodes.

‎Au-delà de la candidature contestée, le collectif pointe un processus électoral miné par des irrégularités. Le président du comité d’organisation est, selon le collectif, engagé sur une liste. Il relève également que la liste électorale est affichée hors délais, des électeurs inconnus du fichier, des membres réguliers absents et de nouvelles adhésions ignorées. Autant de dérives qui, selon eux, « jettent un grave discrédit sur la sincérité du congrès ».

‎Le collectif exige, dès lors, la reconsidération de la candidature de monsieur Franck Ettien, la mise en place d’un comité d’organisation paritaire et un report de deux semaines du congrès. Faute de réponse sous 24 heures des instances saisies, notamment la Commission CIJP, l’Autorité nationale de la presse et le ministère de tutelle, les contestataires menacent de porter l’affaire devant les juridictions compétentes. Un avertissement clair lancé à l’UNJCI. Le congrès s’annonce ainsi donc sous haute tension.

‎JEN