Côte d’Ivoire/UNJCI : le collectif sonne la charge contre un “congrès illégal” et promet la riposte

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Abidjan le 24 février 2026 – La guerre des nerfs vient de franchir une autre étape à l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire. Le collectif des journalistes pour le respect des textes de l’UNJCI ne démord pas. Cette fois, il entend porter le coup de grâce au président et à son conseil exécutif. « Le coup de force ne passera pas », martèle Étienne Narcisse Atta, porte-parole principal du mouvement, qui prévient de « conséquences imprévisibles » si la direction persiste.

‎Au cœur de cette tempête : la convocation d’un congrès extraordinaire prévue pour le 25 février 2026, à vingt-quatre heures de l’échéance statutaire marquant la fin des mandats du Conseil d’administration et du Conseil exécutif. Une initiative jugée « illégale et nulle de sens » par le collectif

‎Dans une déclaration au ton offensif, le collectif dénonce une « violation manifeste des textes ». Le Conseil d’administration invoque l’article 15 des statuts, qui permet la tenue d’un congrès extraordinaire « en cas de crise grave ». Mais, rétorquent les frondeurs, le règlement intérieur encadre strictement cette notion : seule la démission d’au moins deux tiers du Conseil exécutif, la démission en bloc du Conseil d’administration ou celle des deux instances peut constituer une telle crise. « Aucune de ces hypothèses n’est réalisée », tranche Étienne Atta.

‎La déclaration souligne en outre que le règlement adopté en 2019 impose que toute session extraordinaire se tienne dans un délai de trois mois à compter d’une démission formelle. Or, insiste-t-il, aucune démission massive n’a été enregistrée. « Les conditions statutaires ne sont pas remplies. La convocation du 25 février est illégale », assène le collectif.

‎Au-delà de l’argumentaire juridique, c’est l’intention prêtée à la direction qui met le feu aux poudres. Pour Étienne Atta et ses pairs, la manœuvre vise à « prolonger déguisément des mandats arrivés à terme ».

‎Les mandats du Conseil exécutif et du Conseil d’administration, rappellent-ils, ont expiré depuis le 27 novembre 2025, avec une prorogation de 90 jours qui s’achève le 26 février 2026.

‎Le collectif n’épargne pas la gouvernance des dernières années. Il rappelle que le congrès extraordinaire de toilettage des textes, décidé par le 11ᵉ congrès ordinaire, n’a jamais été convoqué et que les assemblées générales annuelles statutaires n’ont pas été organisées. « Silencieux face à ces manquements, le Conseil d’administration se découvre aujourd’hui un pouvoir d’initiative “extraordinaire” à la veille de la mort clinique des organes en place », ironisent les signataires.

‎Alors que la justice vient de suspendre un congrès ordinaire pour prévenir d’éventuelles violences, la précipitation de la convocation d’un autre extraordinaire, fixé un mercredi, deux jours seulement avant l’échéance, est également pointé du doigt. Selon le collectif, cette date ne permet ni une mobilisation sereine des journalistes en activité ni la participation des membres résidant à l’intérieur du pays. « On veut mettre les congressistes devant le fait accompli », accuse Étienne Atta.

‎Le ton se fait plus grave encore lorsque les protestataires alertent sur « le danger pour la crédibilité et la stabilité » de l’Union. « Acceptons-nous que les statuts soient piétinés au profit de calculs de maintien au pouvoir ? » interrogent-ils, évoquant le risque d’une crise institutionnelle durable et de contestations internes.

‎Pour le collectif il faut immédiatement mettre en place un comité de transition composé du Conseil des sages et des anciens présidents de l’UNJCI. Sa mission serait limitée à la gestion des affaires courantes et à l’organisation, dans les plus brefs délais, du 12ᵉ congrès dans le strict respect des textes.

‎Enfin, les protestataires appellent le ministère de la Communication à user de ses bons offices pour prévenir toute escalade. « L’UNJCI ne peut être respectée si ses propres textes sont bafoués », conclut Étienne Atta. Le bras de fer est désormais public. Reste à savoir qui, des statuts ou de la stratégie, aura le dernier mot.

‎JEN