Présidentielle 2025 : Assalé Tiémoko recalé, l’ADCI dénonce « de graves incohérences »

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Abidjan le 8 septembre 2025 – Coup de tonnerre dans le landerneau politique ivoirien. Ce lundi 8 septembre 2025, le Conseil constitutionnel a publié la liste définitive des candidats retenus pour la présidentielle du 25 octobre. Dans cette liste, ne figure pas de candidats de poids mais aussi de candidats outsiders comme Assalé Tiémoko Antoine, député de Tiassalé et président du mouvement Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI). Une absence qui n’a pas manqué de susciter réactions et interrogations du leader de Tiassalé.

L’ADCI, par la voix de son secrétaire exécutif Roger Youan, a tenu à réagir dans une déclaration solennelle, dénonçant une décision « regrettable » et « truffée d’inexactitudes ».

Selon l’argumentaire du Conseil constitutionnel, la candidature d’Assalé Tiémoko a été invalidée pour quatre raisons majeures : la présence de 11 345 numéros de CNI jugés faux parmi ses parrains, 213 doublons attribués à un autre candidat, soit au total 11 558 parrainages invalidés, réduisant son compteur à 23 183 parrainages valides contre les 33 727 requis. Résultat : un déficit de plus de 10 000 parrains, suffisant pour écarter sa candidature.

Mais pour l’ADCI, cette décision repose sur des bases fragiles et contradictoires. « Nous déplorons de ne pas disposer d’éléments permettant d’éclairer la décision relative à la qualification de “faux” pour 11 345 numéros de CNI », a martelé le mouvement. Plus grave encore, il dénonce la disparition inexpliquée de 7 165 parrainages pourtant dûment déposés auprès de la CEI.

Le mouvement politique relève aussi une « incohérence dans les chiffres avancés ». Selon lui, le nombre de parrainages requis pour les 17 régions et districts choisis par Assalé Tiémoko serait de 35 336, et non de 33 727 comme affirmé par le Conseil. « Quand on fait le cumul des parrainages validés et invalidés, on obtient 34 741, chiffre qui reste supérieur au seuil fixé. Mais le Conseil a préféré écarter notre candidature », soutient l’ADCI.

Un constat qui alimente un sentiment d’injustice et de suspicion. « Rejeter notre candidature sur la base de ces inexactitudes soulève d’importantes questions et fragilise le principe même de cette étape démocratique qu’est le parrainage », déplore le texte.

Malgré cette déconvenue, Assalé Tiémoko et ses partisans affichent une posture de retenue. « Avec regret, nous prenons acte de cette décision », indique la déclaration, avant d’appeler les militants « au calme, à la foi dans la cause et à rester attentifs à l’évolution politique du pays ».

Surtout, l’ADCI ne veut pas perdre de vue l’essentiel : la bataille pour une démocratie plus équitable. « Cette décision met en lumière la nécessité impérative de réformer le système de parrainages afin qu’il ne devienne pas un outil d’élimination arbitraire des candidats », plaide le mouvement.

Pour galvaniser ses troupes, Assalé Tiémoko se fonde sur ce propos de Nelson Mandela : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. Aujourd’hui, nous avons appris. Demain, nous irons de l’avant, plus forts et plus déterminés que jamais. »

En attendant, la liste officielle des candidats est désormais close. Mais la polémique ouverte par l’invalidation d’Assalé Tiémoko risque de nourrir le débat sur la transparence du processus électoral et sur l’équité du système de parrainages, déjà critiqué par plusieurs acteurs politiques.

JEN