Abidjan le 19 Mai 2025 – Des individus armés ont tenté d’occuper violemment le siège de la Mutuelle des taxis-compteurs d’Abidjan, lundi matin. L’intervention rapide des forces de l’ordre a permis de déjouer l’opération. Une plainte a été déposée contre les auteurs et leurs commanditaires présumés.
Un lundi sous haute tension au Plateau
Ce lundi 19 mai 2025, la quiétude habituelle du quartier administratif du Plateau a été brusquement interrompue par une attaque violente et préméditée contre le siège de la Mutuelle d’Assurance des Taxis-compteurs d’Abidjan (MATCA). Vers 9 heures, une cinquantaine de loubards armés de gourdins, couteaux et autres armes blanches, protégés de gris-gris, ont tenté de prendre d’assaut les locaux de la mutuelle.
Rapidement alertées, les forces de sécurité ont réagi avec célérité. Treize assaillants ont été interpellés, dont le redouté Matchè, chef de gang bien connu dans certains milieux criminels abidjanais. Blessé à la jambe gauche alors qu’il s’en prenait à un agent, il a été maîtrisé et évacué sous surveillance.
Une attaque planifiée en coulisses
Selon nos informations, l’opération aurait été orchestrée par Diabaté Malick, ancien administrateur de la MATCA. La veille, il aurait contacté d’anciens délégués et collaborateurs pour leur donner rendez-vous au Plateau, à proximité du Cercle des Rails, en vue d’un « coup de force » contre l’actuelle direction.

Fort heureusement, certains ont pris leurs distances avec le projet et ont informé la direction intérimaire, qui a immédiatement pris les mesures nécessaires. « Ce type d’action relève d’une insurrection contre l’État de droit. Nous avons agi pour éviter le pire », explique un administrateur.
La riposte organisée des forces de l’ordre
Des éclaireurs à moto, envoyés en reconnaissance tôt le matin, ont été interceptés. Cachées dans les environs, les forces de l’ordre ont attendu le moment opportun pour intervenir. Lorsque les assaillants ont cassé les vitres et tenté d’enfoncer les portes, ils ont été neutralisés en quelques minutes. Seuls quelques dégâts matériels ont été enregistrés, notamment un véhicule endommagé.
Matchè, identifié comme le meneur, a été blessé alors qu’il tentait d’attaquer un policier. Sa neutralisation a provoqué la fuite précipitée de ses complices.
L’audit qui dérange
Pour plusieurs responsables de la MATCA, cette attaque est directement liée à l’audit en cours, dont les premiers résultats sont accablants. « Plus de 10 milliards de francs CFA de malversations ont déjà été identifiés. Il est évident que certains anciens responsables cherchent à entraver le processus », confie une source proche du dossier.
« Matchè n’est même pas sociétaire. Pourquoi viendrait-il attaquer notre siège sinon pour le compte de ceux qui veulent semer le chaos ? », s’interroge un administrateur. Selon lui, cette opération serait un « banc d’essai » visant à tester la capacité de réaction des autorités
Des commanditaires dans le viseur
Parmi les personnes identifiées sur les lieux ou aux abords du Plateau ce lundi matin figurent plusieurs anciens membres de la direction : Diabaté Malick, Moussa Fofana, Cissé Ba Sidick, Cheikh Mohamed Aïdara, Garango, Gros Ouézin, Cheikh Gor et Amara le Gros. Certains ont été vus à proximité de l’hôtel Ibis, semblant diriger l’opération à distance.
La direction générale de la MATCA a porté plainte contre les assaillants interpellés et leurs commanditaires présumés. Elle appelle la justice à prendre ses responsabilités, notamment en examinant si cette attaque constitue une violation des engagements imposés à l’ancien directeur général Elie Guédou, placé sous contrôle judiciaire.
« La justice doit aller jusqu’au bout »
« S’il est établi que cette opération a été fomentée par l’ancienne équipe, il est impératif que les auteurs soient traduits devant la justice. Ce sont des actes graves qui mettent en danger la stabilité de la mutuelle et de ses milliers de sociétaires », insiste un membre du conseil d’administration.
Dans l’attente des résultats de l’enquête, les sociétaires et le personnel de la MATCA restent sous le choc. La tentative d’occupation, heureusement déjouée, rappelle que les enjeux financiers et judiciaires autour de cette mutuelle pèsent lourd. Et que certains sont prêts à tout pour échapper à la vérité.
JEN