Côte d’Ivoire : Les libraires redoutent des pertes colossales après publication de la nouvelle liste des manuels scolaires

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Abidjan le 21 août 2026 – À quelques semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, la publication de la nouvelle liste officielle des manuels scolaires provoque une grande inquiétude dans le secteur de la distribution du livre. Réunis ce vendredi 21 août à Cocody, à l’occasion d’une réunion préparatoire de leur Assemblée générale ordinaire prévue au début de l’année 2027, les membres de l’Association des Libraires et Détaillants de Livres de Côte d’Ivoire (ALDLCI) ont exprimé leur profonde inquiétude face aux conséquences économiques de cette décision.
Pour le président de l’ALDLCI, Coulibaly Boubacar, les libraires ne contestent pas l’application de la circulaire n°2085/MENAET/CAB/DPFC du 13 août 2026 fixant les manuels retenus pour la nouvelle année scolaire. Ils regrettent cependant de n’avoir pas été associés à cette décision, alors même qu’une précédente orientation du ministère de l’Éducation nationale avait fixé à cinq ans la durée de validité des manuels scolaires.


« Nous constatons qu’on a assez de stock puisque les autres années passées on avait dit que les manuels scolaires avaient une durée de vie de cinq ans », a rappelé le président de l’association, avant de révéler l’ampleur du problème. Selon lui, les distributeurs ont constitué d’importants stocks en s’appuyant sur cette règle. Or, une partie importante de ces ouvrages ne figure plus sur la nouvelle liste officielle.
« Nous avons fait plein de stock. On en a vendu aussi mais il y a beaucoup d’invendus qui sont là. Ces invendus ne sont pas sur la liste officielle cette année. On ne sait pas quelles dispositions l’État a prises par rapport à cela, puisque c’est un gros capital immobilisé. Si rien n’est fait, cela va porter un coup à nos finances », s’est-il alarmé.
À travers cette sortie, l’ALDLCI lance un appel au gouvernement afin qu’une solution soit trouvée pour éviter que les libraires ne supportent seuls les conséquences financières de ce changement. « Nous voulons que l’État nous comprenne », a plaidé Coulibaly Boubacar.
Avant son intervention, le vice-président de l’association et directeur général de la Librairie Carrefour, Tharandy Jean-Claude Kouassi, avait appelé les professionnels du secteur à resserrer les rangs. Face aux mutations du marché, il a exhorté les libraires à renforcer leur solidarité et leur engagement afin de bâtir une organisation plus forte et davantage capable de défendre leurs intérêts.
Au-delà de la polémique sur les manuels scolaires, la rencontre a également servi de cadre au lancement du vaste chantier de réorganisation de l’ALDLCI. Devant les représentants des maisons d’édition, les délégués régionaux, départementaux, communaux ainsi que les points focaux, Coulibaly Boubacar a insisté sur la nécessité de transformer l’association en une organisation plus représentative, transparente et proche de ses membres.
Le président a également plaidé pour un partenariat renforcé entre éditeurs et libraires. Selon lui, une meilleure communication sur les nouveautés, les stocks disponibles, les conditions commerciales, les délais de livraison ou encore les modalités de retour des ouvrages permettra d’éviter de nombreuses incompréhensions et de fluidifier l’ensemble de la chaîne du livre.
Afin de financer cette dynamique, tous les distributeurs, c’est-à-dire, chaque point focal à été invité à un engagement formel afin de soutenir les activités de l’association, les démarches auprès des partenaires pour l’organisation de la future Assemblée générale annoncée avant le 10 janvier 2027.
L’ALDLCI affiche ainsi son ambition de parler désormais d’une seule voix. Pour les libraires ivoiriens, le défi dépasse la simple commercialisation des ouvrages : il s’agit de préserver toute une filière essentielle au fonctionnement de l’école ivoirienne, tout en obtenant des pouvoirs publics une écoute accrue face aux réalités du terrain.

JEN