QUE SE PASSE -T-IL EN IRAN ?
C’est cette question que mon cousin très préoccupé ( pas encore inquièt), m’a posé au téléphone.
C’est quelqu’un de très conformiste qui déteste les bouleversements tant au niveau national qu’international même si je lui explique que les bouleversements sont les poumons vivants de l’Histoire. Un train qui arrive à l’heure apporte moins de changements que celui qui arrive en retard.
Je lui réponds simplement qu’il y a des manifestations de mécontentement d’une partie de la population sans plus.
Il m’informe qu’on vient de dire sur une chaîne occidentale dédiée à l’Afrique que ces manifestations pourraient entraîner la chute du » régime ». Rien que ça !
Je réponds que c’est déjà suspect quand on est journaliste de traiter de » régime » un gouvernement Démocratiquement établi et à mon tour je lui pose cette question :
» Pourquoi l’aboutissement attendu des manifestations de rue qui sont le signe de la vivacité de la démocratie dans un pays ( en Corée du Nord le seul fait de rêver à manifester en dormant peut entraîner que les autorités viennent vous assassiner dans votre sommeil), doit forcément être le renversement de l’ordre Constitutionnel dans les pays du Sud et jamais dans ceux du Nord ? »
Les Gilets Jaunes ont violemment manifesté en France durant des semaines, tout comme des millions d’américains contre les dispositions migratoires de Trump sans que des spécialistes de tout et de rien à la fois, ne soient, toute affaire cessante déférés sur des plateaux de télévision pour prophétiser sur le renversement de l’ordre Constitutionnel dans ces deux pays.
Cependant, lorsque ces manifestations ont lieu ailleurs, tous s’attendent que le Gouvernement soit congédié et la constitution suspendue. C’est déloyal de réfléchir ainsi !
L’Iran fait face à des difficultés économiques et cela ne peut étonner que les naïfs ou ceux qui sont de très mauvaise foi.
Un pays qui est soumis sans trêve à des sanctions économiques, financières et même monétaires depuis près d’un demi-siècle et qui malgré tout a pu induire le niveau de développement qui est le sien actuellement et qui le place dans beaucoup de domaines parmi les premiers au monde, a avant tout du mérite a revendiquer. Ceux des Iraniens qui sont patriotes comprennent cela.
En outre, vu le contexte dans lequel ces manifestations ont lieu et le déphasage flagrant entre ses motivations premières et les slogans de certains « manifestants » qui scandent notamment le nom du fils du dernier Shah d’Iran délogé en 1979, nul besoin d’être Jérémie pour deviner la présence de mains obscurent mais aussi visibles qu’une mouche dans un verre de lait derrière cette évolution.
Les Iraniens sont habitués à ce jeu d’ombre mené par les marionnettistes déterminés a atteindre les objectifs que la Guerre imposée que ce pays a subi entre 1980 et 1989 n’a pu réaliser.
Le matin du 16 août 1953, le Shah Mohammad Reza Palavhi en pleine panique s’enfuiait à Rome via Bagdad avec sa femme ( il n’avait pas encore d’enfants) pour se mettre à l’abri de la colère de la rue.
Le 19 août 1953 soit trois jours à peine, il revenait triomphalement dans un avion de la CIA à Téhéran. Entre ces deux dates, des billets de dollars américains avaient été distribués à des manifestants et meneurs qui ont pu transformer les slogans » mort au Shah » à » vive le Shah ».
Les autorités iraniennes actuelles et la majorité des Iraniens ne sont donc pas dupes de ce qui est réellement en cours dans le pays.
Attendons donc de voir ce qui va se passer, ai-je sagement suggéré à mon cousin en guise de conclusion.
Il était l’heure de la prière et mon chat (Simba) me presse à chaque appel à la prière de me dépêcher. Nous prions toujours ensemble lui et moi a l’étonnement de mes visiteurs.
Prof. Moritié