Abidjan le 14 août 2025 – Guiglo, capitale du Cavally, s’est parée de blanc, ce mercredi 13 août 2025. Des centaines de personnes, venues de Taï, Toulepleu, Bloléquin, mais aussi d’autres coins du Grand Ouest, ont déferlé dans les rues pour une Marche Blanche historique. Objectif : dire haut et fort « plus jamais ça » à la guerre.
En tête du cortège, la ministre d’État, ministre de la Fonction publique et présidente du Conseil régional du Cavally, Anne Désirée Ouloto, drapée de détermination, a conduit cette procession pacifique. À ses côtés, des soutiens de poids : Myss Belmonde Dogo, ministre de la Cohésion nationale, Célestin Serey Doh, ministre chargé des Affaires maritimes, Albert Flindé, gouverneur du District des Montagnes, ainsi que plusieurs élus et cadres locaux.
Partis du centre-ville, encadrés par les forces de l’ordre, les marcheurs ont rejoint la place publique de Guiglo en scandant des slogans en faveur de la paix. Ce rassemblement marquait l’ouverture officielle du Forum pour la Paix dans le Grand Ouest, placé sous le thème : « De la guerre à la paix retrouvée : un symbole pour la Côte d’Ivoire, une expérience à partager ». Pendant quatre jours, la région va se pencher sur son passé douloureux et tracer les lignes d’un avenir apaisé.
Face à la foule, Anne Ouloto n’a pas mâché ses mots : « J’ai peur », a-t-elle lancé. Peur des propos incendiaires et menaces politiques qui refont surface à l’approche de la présidentielle. Peur que reviennent les années sombres.
Elle a rappelé l’ampleur du drame : « Le sang a coulé partout en Côte d’Ivoire. Ici, dans le Guémon, le Cavally, à San Pedro… Pendant des décennies, des familles ont été brisées, des villages vidés, des voisins devenus ennemis. » À l’Ouest, beaucoup ont fui dans les forêts ou pris le chemin de l’exil.
Mais la ministre d’État voit aussi l’espoir revenu depuis l’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir : « À partir de 2011, il a tendu la main, parcouru nos villes et villages, semé les graines de la réconciliation. Grâce à lui, nous avons retrouvé le vivre-ensemble. »
Le forum, a-t-elle insisté, n’est pas une tribune pour raviver les rancunes mais pour « dire plus jamais ça ». Elle a averti : « Une présidentielle n’est pas un appel à la guerre, c’est un moment de démocratie. Aucun Ivoirien ne devrait fuir son pays à cause d’une élection. »
Pendant quatre jours, Guiglo va se souvenir, débattre et témoigner. Pour que le Grand Ouest, longtemps théâtre des pires violences, devienne un symbole national de paix retrouvée.
UPL-CI (Source : direcom MFPMA)