San Pedro : Le cri de détresse du collectif de 57 ex-agents de SUCSO

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San-Pédro le 27 juillet 2025 – Le collectif de 57 ex-agents de la Société de transformation de cacao (SUCSO), est sorti ce samedi 26 Juillet dans la cité balnéaire de son mutisme avec une colère indescriptible. Face à la presse, leur porte-parole, M. Touré Lanciné, ne s’est fait prier pour dénoncer une injustice persistante depuis neuf longues années.

Située dans la zone industrielle de San Pedro, non loin du stade Auguste Denise, la société SUCSO, dirigée par M. Jean Martial Yacé, aurait mis fin de façon abusive, le 18 avril 2016, au contrat de travail de 57 de ses employés. Depuis lors, malgré de nombreuses tentatives de conciliation, ces anciens agents affirment n’avoir reçu ni leurs droits, ni même leurs certificats de travail.

« Nous avons longtemps gardé le silence. Mais aujourd’hui, nous décidons de parler, de témoigner, car trop, c’est trop », a déclaré M. Touré Lanciné, visiblement en colère. Il rapporte que leur ancien employeur les aurait méprisés, déclarant : « Vous n’êtes que des enfants de pauvres, cette histoire n’ira nulle part. »

Face à cette situation, les ex-employés ont saisi la section du tribunal de Sassandra, qui a condamné l’employeur à leur verser la somme de 150 670 372 F CFA, comme l’atteste une décision de justice, appuyée d’une grosse de 61 pages et d’un certificat de non appel daté du 5 mars 2019.
Malgré ce jugement en leur faveur, l’exécution reste bloquée : « Nous sommes à notre troisième commissaire de justice en sept ans. Entre intimidation, pressions et interférences voilées, rien n’a été possible jusqu’ici », a déploré le porte-parole.

Le collectif n’a pas manqué d’évoquer le drame humain que cette situation a engendré : dix de leurs camarades sont décédés sans avoir perçu leurs droits. « Ces noms sont certes banals pour vous mais pas pour nous, qui les avions comme collègues. Ils sont 10, le fameux nombre 10 comme le nombre de commandements de Dieu, c’est bien le nombre d’absents parmi nous ce jour», a-t-il ajouté, non sans émotion.

Certaines morts auraient pu être évitées, explique-t-il, par un simple traitement ou une ordonnance de 5 000 francs.

Dans une déclaration empreinte de gravité, M. Touré a rappelé une phrase attribuée à M. Yacé : « Je ne paierai rien, je vous aurai à l’usure. » Une formule qui, selon lui, illustre la stratégie de mépris et de temporisation de leur ancien employeur.

En fin de conférence, le collectif a lancé un appel solennel aux plus hautes autorités de l’État, notamment : au Président de la République, au Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, aux acteurs politiques, à toutes les personnes éprises de justice et de vérité.
« Nous ne demandons que ce que la justice nous a accordé. Nous croyons en l’équité et en l’état de droit. Nous croyons aussi en la justice divine », a déclaré M. Touré, avant de clore son intervention par un vibrant plaidoyer : « Justice, justice, justice pour le collectif des 57 ex-agents de SUCSO ! »

Joint au téléphone, Me Affoume Armand Lambert, le conseil de M. Jean Martial Yacé nous a orienté vers son client et à l’heure où nous mettions sous presse cet article, nous n’avons pas pu joindre M. Jean Martial Yacé pour recueillir sa version des faits.
Affaire à suivre.
Zétia