Côte d’Ivoire / Gnamien Yao : « la relève a été préparée sur 30 ans »

Ehouman-tano : "30 ans dans l'opposition, c'est trop, nous comptons sur le président Thiam pour revenir au pouvoir"

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Bien que le PDCI ne verra plus désormais son mentor N’zueba à ses côtés, le ministre Gnamien Yao salue la mémoire d’un homme, un rassembleur qui a dû laisser un parti vivant en héritage.

Monsieur le ministre Gnamien Yao, comment vous sentez-vous en ce moment de l’ultime séparation avec le président Bédié ?
Il y a un double sentiments ; un sentiment de gratitude et un sentiment de reconnaissance envers toute la Côte d’Ivoire qui s’est mobilisée dans toute sa diversité pour rendre hommage à un digne fils du pays. Et puis maintenant le sentiment de regret de savoir qu’on ne reverra plus physiquement le président Henri Konan Bédié qui a consacré plus de soixante ans de sa vie au service de la Côte d’Ivoire, mais à qui nous témoignons notre gratitude de nous avoir laissé un PDCI vivant avec un président, le président Thiam à qui nous souhaitons beaucoup de succès .

Êtes-vous confiant pour la relève; le challenge est-il tenable avec la nouvelle équipe ?

La relève a été préparée sur trente ans quand même depuis 1994. Le président a été directeur général du Bnetd, il était conseillé spécial du président, il a été ministre. Il a eu le temps d’être préparé sur 35 ans. Je pense que le président est à la hauteur. Il ne sera pas Bédié mais il sera Tidjan Thiam.

L’ex-député d’Agnibilékrou sous-préfecture, Ehouman-tano estime que le président Bédié aurait pu bénéficier d’un dernier mandat avant de quitter définitivement ce monde. Pour honorer sa mémoire, il faut, selon lui, une victoire du PDCI en 2025 à la présidentielle.

Vous êtes là à Pepressou pour un dernier hommage au président Bédié, président de votre parti ; le PDCI-RDA. Comment vous sentez-vous ?
Eh oui, c’est vraiment triste ! On constate qu’on a perdu notre papa, notre président, un grand homme. Pour nous autres, le président Bédié représentait tout. Il nous disait que notre région ; l’Indenié-Djuablin était sa ceinture de sécurité. C’est pourquoi il avait entrepris de grands travaux à l’endroit de cette région. Malheureusement, il n’a pas pu achever à cause du coup d’État de 1999. Et on avait espéré qu’après l’appel de Daoukro, le président Bédié allait bénéficier d’au moins un autre mandat avant de quitter définitivement la scène politique et le monde des vivants. Malheureusement cela n’a pas été le cas.

Comment voyez-vous le PDCI de demain après cette séparation définitive ?
Aujourd’hui, tout notre espoir repose sur le président Tidjan Thiam. Comment faire pour que le PDCI revienne aux affaires. Voilà le challenge que nous sommes invités à relever après l’enterrement du président Henri Konan Bédié. Cela fait plus de 30 ans que le PDCI est dans l’opposition et c’est trop. Nous avons le devoir d’honorer la mémoire du président Bédié en faisant en sorte que le président Thiam soit installé au pouvoir. Dieu aidant nous y arriverons.
JEN