Côte d’Ivoire : Des ONG pas contentes de la BAD qui serait favorable à un financement additionnel au Sénégal

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Abidjan le 24 Janvier 2024 – Comment permettre aux journalistes ivoiriens de comprendre la politique de sauvegardes environnementales et sociales du groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD) afin d’un meilleur suivi de la mise en œuvre des projets financés par l’institution financière africaine ?
Voilà les motivations de l’ONG « Lumière Synergie Développement » (LSD) et son partenaire de la Coalition Ivoirienne des Défenseurs des Droits de l’Homme (CIDDH), tous engagés dans un combat de respect de la dignité humaine.
Bénéficiant de l’appui financier de Open Society Africa, LSD et la CIDDH sont sur le bord de la lagune Ebrié pour dire à la BAD qu’elles n’approuvent pas la décision qu’elle entend prendre en faveur des autorités de Dakar et qui serait suicidaire pour les populations de la capitale, impactées par le projet « Train Express Régional » (TER) et qui n’ont toujours pas obtenu réparation.
« si le TER est fonctionnel et très utile aux populations sur le tronçon Dakar-Diamniadio, c’est au prix d’une perte de moyens de
subsistance, de pertes socioéconomiques, de relogements inadéquats, d’une paupérisation, d’une détérioration du niveau de vie, de troubles, de phénomènes de
stress psychologiques et d’anxiété pour les PAP du projet TER 1», relève Babacar Diouf, les raisons de la présence de l’ONG LSD Abidjan à la veille d’une session importante de la BAD qui se tient ce mercredi 17 janvier 2024. « Malgré cet aveu
d’échec de la banque dans la mise en œuvre de sa politique de réinstallation involontaire, les plaignants peinent jusqu’ici à obtenir réparation. Et au même moment, la BAD s’apprête à examiner la demande de financement de la deuxième phase du projet Train Express Régional (TER) le 17 janvier 2024 », dénonce monsieur Babacar Diouf ce qu’il estime que c’est mettre la charrue avant les boeufs.
« l’État du Sénégal veut mettre la charrue avant les boeufs. Nous pensons qu’il faut attendre un délai et contraindre l’État du Sénégal à respecter toutes les mesures qui ont été proposées dans ce plan d’action avant d’approuver la seconde phase du projet sinon la BAD n’aura plus de moyen de pression sur l’État du Sénégal « , a-t-il souhaité.

Pour permettre de cerner les contours d’un dossier et d’une action à l’échelle continental, LSD recours à la contribution des journalistes ivoiriens. Un atelier de renforcement des capacités a été organisé à cet effet ce mardi 16 janvier 2024 à Abidjan à leur intention.

« Il est important pour LSD de renforcer les capacités des journalistes afin d’améliorer la qualité de l’information, surtout dans l’analyse critique des politiques de sauvegardes environnementales et sociales du groupe de la Banque Africaine de Développement », a insisté monsieur Diouf pour qui cela est un impératif si les objectifs de LSD doivent être atteints.
« Ce atelier permettra aux journalistes de mieux s’engager sur les projets à risque financier par la Banque Africaine de Développement. Et cela en droite ligne avec les préoccupations de l’ONG Lumière Synergie et Développement qui soutient tout acteur qui s’intéresse à influencer la BAD sur les projets à risque financier par l’institution « , a souligné madame Aby Dia, chargé de projet de LSD
Pour la CIDDH, il faut porter haut la voix des sans voix à l’unisson.
« Il était important que nous ayions cette rencontre avec les journalistes pour que d’une voix unique, on puisse parler ensemble et faire monter les voix des populations étant donné que notre objectif est de défendre les droits de ces populations là . Des financements sont octroyés à des Etats par la BAD mais malheureusement dans la mise en œuvre des projets, la populations qui sont bénéficiaire ne reçoivent toujours pas ce qui est convenu parfois même rien du tout », a dénoncé Antoine Tano, chargé du projets LSD au sein de la CIDDH. Citant en exemple un cas de non-respect des engagements de son pays dans la mise en œuvre d’un programme financé par la BAD, Antoine Tano estime qu’il est temps de mettre fin à l’injustice faite aux populations.
« Le cas pratique aujourd’hui est celui de Taboth (Village dans le département de Jacqueville) où une centrale thermique sera en production sous peu, malheureusement les populations seront obligées de payer comme tout le monde le courant avec la hausse de 10% fixé par l’État alors que l’on les a spoliés de leur terre, les réduire presqu’à la mendicité et leur demander de débourser l’argent pour payer. Elles vont trouver où cet argent ? », a-t-il relevé.
JEN