San-Pédro le 19 septembre 2025 – La Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) organise depuis jeudi 18 et ce jusqu’au vendredi 19 septembre 2025, un atelier de sensibilisation à San-Pedro, consacré aux notions de base en matière de gestion des risques chimiques. L’initiative vise à renforcer les capacités des acteurs nationaux impliqués dans la gestion des produits chimiques, conformément aux exigences de la Convention n°170 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), ratifiée par la Côte d’Ivoire.
Cet atelier, qui s’inscrit dans un programme national de prévention, entend fournir aux entreprises les outils nécessaires pour mieux protéger leurs travailleurs et leurs environnements de travail. Lors de cet atelier, plusieurs thématiques ont été abordées, dont celle portant sur l’état des lieux de la gestion des risques chimiques en entreprise, présentée par Sago Éric Armel, contrôleur en prévention à la CNPS et responsable du pôle chimie au sein du département investigation et étude du milieu.
Selon lui, une étude conduite par la Direction de la prévention de la CNPS entre 2018 et 2022 a permis de réaliser plusieurs interventions dans 441 différentes entreprises du pays afin d’évaluer leurs pratiques en matière de gestion des produits chimiques.
« À travers cette étude, nous avons mené des activités de contrôle et d’analyse pour mesurer le niveau de conformité des entreprises face aux exigences de sécurité chimique », a-t-il expliqué.
Les résultats de cette enquête dressent un tableau préoccupant. « Nous avons constaté que seulement 44 % des entreprises disposent d’inventaires et de fiches de données de sécurité. L’étiquetage et la signalisation des produits chimiques ne sont présents que dans 2 % des structures visitées. En matière d’équipements de protection collective et de ventilation, nous sommes à peine à 1 % », a révélé Sago Éric Armel. Il a également indiqué que seuls 4 % des établissements mettent des équipements de protection individuelle à disposition des travailleurs, qu’une entreprise seulement sur 441 possède des procédures d’utilisation des produits chimiques, et que 2 % ont mis en place une politique de gestion des déchets. Une unique entreprise dispose d’un local de stockage adapté, tandis que seulement 14 % assurent une surveillance médicale des travailleurs exposés.
Pour l’expert de la CNPS, ces données révèlent un « déficit criant de mise en œuvre des mesures de prévention prévues par les textes », alors même que ces derniers existent et sont connus. « Certaines entreprises ignorent encore ces dispositions, d’autres les connaissent mais hésitent à les appliquer. Pourtant, la Convention 170 impose clairement aux employeurs et à l’État de garantir la sécurité des travailleurs exposés aux produits chimiques », a-t-il rappelé, citant notamment les obligations en matière de visites médicales, de surveillance régulière des travailleurs et de conditions de stockage.
M. Sago a enfin souligné que cet atelier de San-Pedro fait suite à une session similaire organisée à Abidjan en 2024 et qu’une autre étape est prévue à Bouaké la semaine prochaine. « Nous sommes désormais dans une phase d’information, de restitution des résultats de nos études et de mise en œuvre de nos recommandations sur le terrain », a-t-il assuré, appelant les entreprises à « consentir les efforts nécessaires pour réduire les risques chimiques et protéger efficacement leurs travailleurs ».
Zétia