Côte d’Ivoire : Bilé Bilé s’aligne par devoir d’honnêteté sur les conclusions d’un cabinet d’étude dans la mise en place de l’interprofession du Café-Cacao

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Abidjan le 15 juillet 2025 – Bilé Bilé, président de la Coordination Nationale du Monde Agricole de Côte d’Ivoire (CNMA-CI), n’est pas homme à manier la langue de bois. Cet acteur bien connu du secteur agricole ivoirien, engagé dans un bras de fer judiciaire contre le Conseil du Café-Cacao (CCC) pour mauvaise gestion, surprend aujourd’hui par un discours d’une franchise rare dans le milieu. Sans détours, il reconnaît la qualité du travail abattu cette fois-ci par l’organe régulateur, qu’il félicite pour sa transparence dans la mise en place de l’interprofession du café-cacao.

« J’ai combattu le Conseil du Café-Cacao, je ne m’en cache pas. J’ai même dénoncé le choix du cabinet Jad’Expertise », rappelle d’entrée de jeu Bilé Bilé, avant de poser un constat d’une honnêteté intellectuelle qui force le respect : « Mais il faut reconnaître que quand le lièvre court bien, il court vite. Le cabinet Jad’Ex a fait un travail exceptionnel », a-t-il affirmé.

À ceux qui agitent la contestation depuis les conclusions du cabinet d’audit, Bilé Bilé oppose des faits précis. Le cabinet mandaté a sillonné les 13 régions productrices de café-cacao pour identifier les organisations professionnelles réellement implantées dans le pays profond. « Ils sont venus dans nos bureaux, ils ont vu les planteurs, ils ont constaté notre présence effective dans toutes les régions. Le travail a été fait avec minutie et en toute transparence », insiste-t-il.

Le leader agricole dénonce, sans les nommer, certains acteurs qui revendiquent aujourd’hui une représentativité qu’ils ne possèdent pas. « Il y a des gens qui n’ont même pas de siège à Abidjan. Ils n’existent que sur des papiers qu’ils promènent dans leurs poches », raille-t-il, non sans pointer leur responsabilité dans l’enlisement passé de la filière. Pour lui, le débat est clos : « Ceux qui crient aujourd’hui mènent un faux combat », tranche-t-il.

Au-delà de ses différends judiciaires toujours pendants avec le CCC, Bilé Bilé marque ici un tournant. Il s’aligne résolument derrière les résultats du cabinet et invite ses pairs à en faire de même. « Cette fois-ci, je soutiens le ministre d’État Kouassi Adjoumani pour les critères de sélection. Je soutiens aussi le Conseil du Café-Cacao qui a travaillé dans la transparence. Il n’y a aucune structure qui ait rassemblé 50 % des planteurs, sauf l’ONPC-CI avec plus de 54 %, selon le rapport du cabinet. Donc c’est à elle que revient le droit d’accompagner la mise en place de l’interprofession », a avoué le président de la Coordination Nationale du Monde Agricole de Côte d’Ivoire.

Avec cette déclaration, Bilé Bilé appelle à une rupture avec les divisions stériles qui gangrènent la filière depuis trop longtemps. « Il faut que les producteurs se mobilisent et s’unissent derrière l’ONPC-CI. Nos querelles d’intérêts personnels nous ont trop retardés. C’est l’union qui nous permettra d’avancer et de récolter enfin le fruit de nos efforts », a-t-il plaidé.

Il invite également le ministre de l’Agriculture à ne pas fléchir face aux contestataires, tout en exhortant le président de l’ONPC-CI à s’appuyer sur des structures réellement représentatives, validées par le travail du cabinet Jad’Ex. « Le Comité technique de l’OIA a abattu un travail colossal. Nous devons respecter cette décision et avancer. Personne ne peut changer cette donne », a-t-il tranché.

Dans un climat où la suspicion règne encore chez certains acteurs, le discours de Bilé Bilé tranche par sa franchise. Lui, l’opposant d’hier devenu allié du bon sens, salue le travail accompli et invite à regarder vers l’avenir. « C’est une chance que nous donne le président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara. Il veut que les producteurs prennent enfin leur destin en main à travers l’interprofession », fait-il remarquer.

Et de conclure dans un ultime appel à l’unité : « Parlons d’une seule voix. L’État met en place les moyens pour que nous bénéficions enfin de notre travail, ne gâchons pas cette opportunité. Unissons nos forces, allons à l’interprofession », a exhorté Bilé Bilé, l’homme que la filière a souvent vu en première ligne des contestations, mais qui aujourd’hui, par honnêteté et souci de l’intérêt général, choisit d’appeler à l’union sacrée pour sortir définitivement le secteur café-cacao de ses querelles intestines.

Jules Eugène N’DA