Côte d’Ivoire/San Pedro : des jeunes mamans rendues économiquement autonomes grâce à la culture du champignon

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San Pedro le 24 octobre 2026 –  Pont Brimé, village situé à environ dix kilomètres de San Pedro, vingt jeunes filles-mères déscolarisées, dont cinq vivant avec l’albinisme, ont reçu leurs diplômes le 22 octobre 2026, au terme de quatre mois de formation à la culture et à la commercialisation des champignons pleurotes. Porté par l’ONG Mon Enfant, Mon Futur, le projet « Champignons pour des championnes » ambitionne de contribuer à l’autonomie économique de ces jeunes filles-mères. Mais pour transformer les compétences acquises en activités génératrices de revenus, l’accès au financement demeure un défi majeur.
Mis en œuvre dans le cadre du Projet d’appui à la société civile en Côte d’Ivoire (PASCI), avec le soutien financier de l’Union européenne et l’accompagnement de Save the Children, du CERAP et de Social Justice, le projet a permis aux participantes d’acquérir les techniques de production, les règles d’hygiène, le conditionnement et la commercialisation des champignons. Des notions de gestion et l’utilisation de WhatsApp Business pour promouvoir les produits ont également été dispensées.
Pour le docteur Atri Daniel, président du conseil d’administration de l’ONG, le choix de cette activité répond à un double objectif : créer des opportunités économiques pour les jeunes femmes et valoriser des résidus agricoles comme la sciure de bois et le son de riz qui sont utilisés comme substrats de culture.
Selon lui, la production actuelle ne permet pas encore de satisfaire les commandes de la clientèle.
Après une première production de 1 000 sachets d’un kilogramme chacun, l’organisation a engagé une deuxième production de 2 000 sachets et envisage une troisième vague d’au moins 3 000 sachets.
Des perspectives encourageantes, même si la rentabilité de l’activité devra être confirmée par la maîtrise des coûts et la régularité des ventes.
Pour le président de l’ONG, la rigueur dans l’utilisation des financements et la reddition des comptes constitue le moteur pour accéder à de nouvelles opportunités.
Mlle Koffi Adjoua Vanessa Donald, directrice exécutive de l’organisation à rappelé les acquis de la formation et la nécessité, selon elle, de poursuivre l’accompagnement des bénéficiaires.
L’installation d’une garderie sur le site a notamment permis aux jeunes mères de participer aux activités tout en gardant leurs enfants à proximité. Une dynamique de solidarité a également été instaurée, avec l’affectation de 20 % des recettes des ventes à une caisse commune, selon les modalités du projet.
La formation ne suffisant pas à garantir l’autonomie économique, l’aménagement d’espaces de production, l’achat d’intrants et l’organisation de commercialisation nécessitent des ressources supplémentaires. L’ONG souhaite alors mobiliser des partenaires pour accompagner l’installation des jeunes formés.
Pour Mlle Dibi Nina Géraldine, l’une des bénéficiaires, quatre mois ont changé sa perception de l’avenir. « Même si je n’ai pas gagné des millions, l’essentiel est que j’ai appris un métier : la culture des champignons pleurotes », s’et-elle réjouie.
Vingt garçons ont également bénéficié d’une formation à la production de champignons, tandis qu’une nouvelle cohorte de jeunes filles est envisagée.
Le directeur régional de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique de San-Pedro, Dr. Assoua Kouadio Tano, a évoqué des possibilités d’articulation avec les dispositifs d’appui à l’entrepreneuriat des jeunes. Cette perspective devra toutefois se traduire par des démarches concrètes pour faciliter l’accès des bénéficiaires aux mécanismes existants.
Le président du conseil d’administration du CRASC-SUD, Seydou Camara, a également rappelé l’importance de l’engagement de la société civile et de la collaboration entre les organisations, les pouvoirs publics et les partenaires au développement.
Représentant l’autorité préfectorale, le secrétaire général 2 de la préfecture, Zagou Serge Rodrigue, a exhorté les participantes à valoriser les compétences acquises et à considérer l’entrepreneuriat comme une voie possible vers l’indépendance financière.

Zétia

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