Abidjan le 11 août 2026 – Le gouvernement ivoirien veut passer à une autre étape dans la sécurisation foncière. Du 5 au 7 octobre 2026, experts, décideurs, investisseurs et acteurs du foncier issus de 14 pays se retrouveront au Parc des Expositions de Port-Bouët pour la première édition des Journées foncières d’Abidjan.
Pour le ministre ivoiren de l’Agriculture, et des productions vivrières, Bruno Koné : « mieux sécuriser la terre pour consolider la paix, attirer les investissements et créer des emplois », explique ce rendez-vous.
Le foncier n’est plus seulement une affaire de parcelles, de titres de propriété ou de conflits entre propriétaires. Il est désormais présenté comme un enjeu majeur de paix sociale et de développement économique. C’est le pari affiché par le ministre de l’Agriculture et des Productions vivrières, Bruno Koné, lors du lancement des premières Journées foncières d’Abidjan.
Placée sous le thème « La sécurisation foncière : facteur de cohésion sociale et levier pour l’investissement productif, la création d’emplois et le développement durable », cette rencontre internationale réunira des représentants de 14 pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Bénin, Brésil, Burkina Faso, Cameroun, Ghana, Guinée, Indonésie, Madagascar, Mali, Rwanda, Sénégal, Tchad et Togo sont annoncés à Abidjan autour de la table.
Pour Bruno Koné, le premier obstacle à une gestion apaisée du foncier reste la méconnaissance des règles. Fort de son expérience dans le domaine du foncier urbain, le ministre estime que « la principale explication des problèmes fonciers en Côte d’Ivoire » réside dans l’ignorance des textes, la confusion que font certains acteurs de ces textes.
Un constat qui donne tout son sens à ces journées. Pendant trois jours, les participants devront confronter leurs expériences, partager leurs bonnes pratiques et réfléchir aux moyens de rendre la gestion foncière plus transparente, plus lisible et surtout mieux comprise par les populations.
La Côte d’Ivoire entend également capitaliser sur les progrès réalisés ces dernières années.
La Direction générale du Foncier rural, bras opérationnel de l’État en la matière, bénéficie notamment de l’appui de partenaires au développement. La Banque mondiale figure parmi ces partenaires, tandis que la Banque africaine de développement (BAD) est à l’origine de l’idée d’ouvrir ces rencontres à d’autres pays confrontés aux mêmes problématiques.
Le Sénégal sera le pays à l’honneur de cette première édition. Sa présence, selon Bruno Koné, traduit à la fois la qualité des relations ivoiro-sénégalaises et la volonté de favoriser une coopération africaine autour des réformes foncières.
Justifiant la participation de son pays à ce rendez-vous continental, l’Ambassadeur du Sénégal à Abidjan, Barka SARR estime que seul la collaboration entre États permettra de résoudre la question du foncier dans les pays.
» Nous n’avons pas de doute que la sécurisation des droits fonciers ne peut que se construire ensemble, dans le partage d’expérience et dans l’ecoute mutuelle entre nos deux pays « ,
Toutefois, le ministre Nabagné ne masque pas les difficultés. Malgré les avancées enregistrées, des défis persistent. Et ceux-ci, insiste-t-il, ne pourront être relevés qu’à travers une action collective, la mutualisation des expériences et la correction des insuffisances.
L’ambition est donc clairement affichée : faire du foncier « un véritable acteur économique », capable de contribuer à la paix, à la cohésion sociale et à la croissance.
Placées sous le haut patronage du vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, les Journées foncières d’Abidjan veulent ainsi dépasser les débats techniques pour poser une question centrale : comment transformer la terre, souvent source de tensions, en véritable levier d’investissement, d’emploi et de développement durable ?
La réponse pourrait se dessiner à Abidjan, du 5 au 7 octobre 2026.
JEN