Abidjan le 04 août 2026 – Le bras de fer autour de la gestion des 291 milliards de FCFA mobilisés pour l’enlèvement du stock résiduel de 123 000 tonnes de cacao est loin de connaître son épilogue. Après le report sine die de sa très attendue conférence de presse, le président de la Coordination Nationale du Monde Agricole de Côte d’Ivoire (CNMA-CI), Bilé Bilé, revient à la charge. Dans un entretien accordé au journal en ligne connectionivoirienne.net, le doyen des organisations de producteurs affiche une confiance mesurée et dit attendre des réponses fortes du président de la République à l’occasion de son traditionnel message à la Nation du 6 août.
Touché par un deuil familial, Bilé Bilé avait dû reporter une conférence de presse qu’il annonçait riche en révélations sur le programme de rachat du stock résiduel de cacao. Mais, à l’en croire, ce report ne signifie nullement un abandon du combat.
Le leader paysan affirme que la mobilisation s’est au contraire élargie. Il salue l’engagement de plusieurs jeunes organisations de producteurs qui, selon lui, ont compris que cette bataille dépasse sa seule personne et concerne l’ensemble des planteurs ivoiriens.
« Ce combat n’est pas celui de Bilé Bilé. C’est celui d’une corporation entière », insiste-t-il, rappelant que les producteurs de cacao, de café, d’hévéa et de palmier à huile demeurent, selon lui, les grands oubliés des richesses qu’ils contribuent pourtant à créer pour l’économie nationale.
Au centre de ses interrogations figure toujours la gestion des 291 milliards de FCFA débloqués pour l’enlèvement des 123 000 tonnes de cacao répertoriées par le Conseil Café-Cacao. Bilé Bilé reprend les chiffres avancés par les organisations de producteurs ayant animé la conférence de presse du 28 juillet dernier. Selon ces dernières, seulement 23 000 tonnes auraient effectivement été enlevées, laissant 100 000 tonnes encore stockées dans les magasins des coopératives et des acheteurs.
Pour le président de la CNMA-CI, une question demeure sans réponse : qu’est devenu le financement destiné à l’enlèvement du reliquat de ces stocks ? Une interrogation qu’il considère comme centrale dans cette affaire et qui, selon lui, mérite des explications des autorités compétentes.
Malgré ces zones d’ombre, Bilé Bilé ne ferme pas la porte au dialogue. Il affirme que la suite de son action dépendra essentiellement de la réponse que les pouvoirs publics réserveront aux préoccupations exprimées par les producteurs.
Le responsable agricole dit surtout nourrir de grands espoirs à l’approche de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Convaincu que les revendications des planteurs sont remontées jusqu’au sommet de l’État, il estime que le président de la République pourrait annoncer des mesures de nature à rassurer le monde paysan.
À l’endroit des acteurs de la filière café-cacao concernés par le programme de rachat du stock résiduel, Bilé Bilé lance un appel au calme et à la patience. Il les invite à rester attentifs au message présidentiel, persuadé que « de bonnes nouvelles » pourraient être annoncées.
En attendant cette prise de parole très attendue, le dossier des 291 milliards de FCFA continue d’alimenter les débats au sein de la filière cacao. Une filière stratégique pour l’économie ivoirienne où les producteurs réclament désormais davantage de transparence sur la gestion des ressources destinées à soutenir leurs activités.
JEN