Désinformation : la Côte d’Ivoire annonce une riposte contre les manipulations étrangères

Listen to this article

Abidjan le 17 juillet 2026 – À l’heure où les réseaux sociaux sont devenus de puissants vecteurs d’influence, la bataille pour la préservation de l’intégrité de l’information électorale s’intensifie en Côte d’Ivoire. Face aux risques croissants de manipulation de l’opinion publique, International IDEA et la Coalition Ivoirienne des Défenseurs des Droits Humains (CIDDH), avec l’appui d’Affaires mondiales Canada, ont décidé de passer à l’offensive.

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet triennal « Combattre les informations, manipulations et ingérences étrangères liées aux élections » (FIMI), une centaine d’acteurs clés ont pris part, le jeudi 15 juillet 2026, à un atelier de renforcement des capacités. Jeunes des organisations de la société civile, journalistes, décideurs publics, cyberactivistes, influenceurs, leaders communautaires et religieux ont été réunis autour d’un même objectif, celui de bâtir un front commun contre la désinformation à la veille des élections.
L’initiative intervient après une première phase consacrée à l’analyse des facteurs favorisant les manipulations informationnelles et à l’élaboration de recommandations adaptées au contexte ivoirien. Désormais, le projet entre dans une phase plus opérationnelle, tournée vers la formation, le dialogue et la sensibilisation citoyenne.
Au centre de cette stratégie figure une conviction forte, celle des FIMI qui constituent aujourd’hui une menace réelle pour la gouvernance démocratique. Les campagnes de désinformation, souvent orchestrées depuis l’extérieur, peuvent influencer les choix des électeurs, alimenter les tensions sociales et fragiliser la confiance envers les institutions.
Pour y faire face, International IDEA et la CIDDH misent sur le développement d’une véritable culture de la vérification de l’information. Les journalistes sont alors appelés à renforcer leurs pratiques de fact-checking, les organisations de la société civile également à jouer un rôle d’alerte, tandis que les jeunes internautes sont, quant à eux, invités à adopter un regard critique avant tout partage de contenu.


Le projet vise également à créer une masse critique d’acteurs capables de diffuser les bonnes pratiques et de porter un message simple mais puissant : « Vérifier avant de partager est un acte citoyen. » Un slogan qui résume à lui seul la philosophie de cette campagne nationale.
La stratégie de communication repose sur plusieurs piliers. D’abord, un dialogue permanent entre institutions publiques, société civile et médias afin d’installer les FIMI comme une préoccupation majeure dans la guvernance démocratique. Ensuite, une ambitieuse campagne digitale mobilisera des jeunes leaders des OSC, des influenceurs nationaux, des capsules vidéo, des podcasts, des infographies, des carrousels graphiques et même une vidéo conçue grâce à l’intelligence artificielle pour vulgariser le phénomène.
Le projet prévoit aussi une vaste campagne de proximité dans les régions de Ferkessédougou et de Bouna. Radios locales, autorités administratives, leaders religieux, associations de femmes et jeunes seront mobilisés afin de diffuser les messages de prévention jusque dans les communautés les plus éloignées.
Une production éditoriale mensuelle associant journalistes et spécialistes du fact-checking permettra de renforcer la campagne de sensibilisation. Articles d’investigation numérique, analyses de rumeurs, décryptages de faux contenus, enquêtes sur les techniques de manipulation ou encore reportages sur leurs conséquences alimenteront régulièrement l’espace médiatique ivoirien.
Cette mobilisation traduit la volonté de renforcer la résilience démocratique du pays. Dans un environnement numérique où une fausse information peut parcourir le pays en quelques minutes, la lutte contre les manipulations étrangères ne relève plus uniquement des institutions. Elle devient l’affaire de tous les citoyens.

Jules Eugène N’DA

#campagne contre DIMI#CIDDH#FIMI#IDEA#OIDH#PNCI