Abidjan le 08 Mai 2025 – Alors que la Côte d’Ivoire se prépare à vivre une nouvelle élection présidentielle, la montée en puissance de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine des médias numériques soulève des enjeux majeurs de transparence, d’éthique et de responsabilité. Pour anticiper les dérives possibles et promouvoir un usage responsable de cette technologie, l’Union des Patrons de la Presse en Ligne de Côte d’Ivoire (UPL-CI), en partenariat avec plusieurs institutions, organise un atelier du 9 au 11 mai à Assouandé (Assinie Mafia). Objectif : prévenir les risques de manipulation de l’information et poser les bases d’un écosystème médiatique plus fiable en période électorale.
L’IA, un outil à double tranchant
L’intelligence artificielle révolutionne le secteur des médias à travers des algorithmes de recommandation, des outils de génération de contenus automatisés ou encore des logiciels de détection des fake news. Si ces innovations peuvent améliorer la diffusion de l’information et enrichir l’expérience de l’utilisateur, elles présentent tout aussi de sérieux risques, notamment en période électorale où la désinformation peut compromettre la sérénité du scrutin et affecter la cohésion sociale.
L’atelier organisé par l’UPL-CI entend justement aborder ces risques, à l’heure où des contenus générés par l’IA peuvent aisément simuler des propos, manipuler des images, ou créer de fausses vidéos (deepfakes) à fort potentiel de nuisance. Utilisés à mauvais escient, ces outils peuvent semer la confusion parmi les électeurs, manipuler l’opinion publique, amplifier les discours de haine ou favoriser la diffusion de fausses informations à grande échelle. D’où la responsabilité des acteurs des médias numériques.
Responsabiliser les acteurs de la presse numérique
Dans ce contexte, la responsabilité des patrons de presse en ligne est plus que jamais engagée. Il leur revient non seulement de garantir l’authenticité des contenus publiés sur leurs plateformes, mais aussi d’encadrer l’utilisation des technologies d’IA dans leurs rédactions. L’atelier d’Assouandé entend justement les outiller pour qu’ils soient à la hauteur de ce défi. Une revue de littérature, des analyses de cas pratiques, des échanges avec des experts en IA et une série de restitutions collectives jalonneront cette rencontre.
Les organisateurs espèrent, à l’issue des travaux, aboutir à plusieurs résultats concrets. Faire un état des lieux documenté sur l’usage de l’IA dans les médias ivoiriens, une analyse critique des enjeux éthiques, et un ensemble de recommandations à l’intention des professionnels, des régulateurs et des institutions de formation.
Des recommandations attendues pour prévenir les dérives
La question centrale de l’atelier est claire. « Comment encadrer l’usage de l’IA pour garantir un traitement impartial et rigoureux de l’information en période électorale ? » Car si l’IA peut aider à repérer les fake news, elle peut tout autant en produire si elle est utilisée sans discernement ou par des acteurs malintentionnés.
Il est donc impératif que les médias ivoiriens, en particulier les plateformes numériques, se dotent de codes de conduite, de chartes éthiques et de dispositifs de vérification robustes. Il s’agira aussi de sensibiliser les journalistes à l’impact des biais algorithmiques et de promouvoir une formation continue sur les outils d’IA.
Un enjeu démocratique majeur
Au-delà des considérations techniques, c’est la crédibilité du processus électoral qui est en jeu. Une élection juste et apaisée passe par une information fiable, vérifiée et équilibrée. L’UPL-CI, avec ses partenaires comme le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), la CNPS, la CGRAE ou encore la SOTRA, entend jouer sa partition en anticipant les dérives liées à l’IA.
En responsabilisant les acteurs des médias numériques, en encadrant l’usage de l’IA et en promouvant une approche éthique du journalisme à l’ère digitale, cet atelier entend poser les jalons d’un environnement informationnel plus sain, plus responsable. À quelques mois du scrutin présidentiel, la démarche sonne comme une alerte et une invitation à la vigilance collective.
JEN