Côte d’Ivoire – Assalé Tiémoko à propos de la lutte contre la corruption : « le système dépasse parfois le chef de l’État »  

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Abidjan le 11 avril 2024 – Le député-maire de la ville de Tiassalé, Assalé Tiémoko a pointé du doigt ce jeudi 11 avril 2024 lors d’une conférence de presse les CEI locales qui , selon lui, sont les officines des fraudes massives constatées lors des élections en Côte d’Ivoire.

« Le problème des élections en Côte d’Ivoire, ce n’est pas toujours la CEI centrale qu’on indique toujours à la vindicte populaire. C’est aussi, et surtout, les CEI locales truffés de militants corrompus de partis politiques qui n’ont aucun respect pour les valeurs démocratique et dont la mission le jour du vote est

de diluer les voix des électeurs et de renverser la volonté populaire exprimée dans les urnes quand cette volonté n’est pas favorable à leur mandant », a dénoncé le député-maire de Tiassalé qui vient de faire l’expérience d’une pratique qui a failli semer le trouble dans sa localité lors du scrutin municipal repris pour contestation de sa victoire par son adversaire, candidat du parti au pouvoir.

« A Tiassalé, les responsables de la CEI locale ont remis des milliers de cartes d’électeurs à mes adversaires, lesquels les ont distribués à des individus arrivés de N’Douci, d’Abobo,’ dAgboville, aux fins que ces derniers, non propriétaires desdites cartes, participent au vote, avec la complicité des agents « tablettes » et présidents de bureaux de vote », a expliqué le leader incontesté aujourd’hui de Tiassalé.

« Grâce à la vigilance de nos bénévoles présents dans les bureaux de vote, cette vaste fraude a été stoppée autour de 13 heures, par l’arrestation de 12 personnes dont 7 hommes et 5 femmes au sein même des bureaux de vote, par la police et la gendarmerie », a indiqué Assalé Tiémoko, saluant le sens élevé de la conscience qu’ont eus ses représentants dans les bureaux de vote.

Pour lutter effectivement contre les fraudes électorales qui émanent, selon lui, d’une corruption bien cimentée en Côte d’Ivoire, il faut l’avènement d’une nouvelle élite à la tête du pays en rupture totale avec les vielles pratiques comme vient de faire le Sénégal.

« Au Sénégal, les nouvelles autorités n’ont eu aucune compromission politique pour arriver au pouvoir d’État. Donc ils peuvent efficacement lutter contre la corruption. Plus de 52.000 jeunes mobilisés n’ont pas cédé à la tentation des billets de banque « , a relevé le leader de Tiassalé pour qui, il est quasi impossible pour les autorités ivoiriennes actuelles de réussir le combat contre la corruption.

« Il y a une autorité politique qui m’a dit un jour, Assalé tu sais, le problème de la corruption en Côte d’Ivoire, le système dépasse parfois le cadre du chef de l’État lui-même », a révélé Assalé Tiémoko dénonçant l’engrenage dans lequel se mettent les acteurs politiques lorsqu’ils cherchent par tous les moyens les soutiens pour arriver au pouvoir d’État.

JEN