Abidjan le 25 août 2026 – À l’heure où les réseaux sociaux façonnent l’opinion publique à une vitesse fulgurante, une autre menace, plus insidieuse, gagne du terrain : les manipulations de l’information et les ingérences étrangères, connues sous l’acronyme FIMI (Foreign Information Manipulation and Interference). Face à ce phénomène qui fragilise les démocraties et alimente les tensions sociales, l’Observatoire Ivoirien des Droits de l’Homme (OIDH) intensifie son engagement pour défendre un environnement informationnel sain et protéger les citoyens contre les campagnes d’influenceurs malveillants.
Pour l’OIDH, le FIMI dépasse largement le simple cadre des « fausses informations ». Il s’agit d’un ensemble de stratégies conçues et coordonnées visant à influencer les perceptions, les comportements et parfois même les décisions politiques d’un pays. Ces opérations peuvent prendre plusieurs formes : désinformation délibérée, propagande, campagnes orchestrées sur les réseaux sociaux, utilisation de faux comptes ou de réseaux de robots numériques (bots), manipulation des médias et des contenus en ligne, sans oublier les tentatives d’interférence dans les processus démocratiques.
L’organisation insiste sur une nuance essentielle souvent méconnue du grand public. La désinformation désignant avant tout un contenu faux ou trompeur, le FIMI, lui, englobe une mécanique beaucoup plus vaste qui repose sur des opérations structurées, fréquemment pilotées ou soutenues par des acteurs étrangers, qui exploitent la désinformation comme un simple outil au service d’une stratégie d’influence. En d’autres termes, le FIMI ne s’intéresse pas seulement aux contenus diffusés, mais également aux méthodes employées, aux réseaux mobilisés et aux objectifs poursuivis. En clair le FIMI inquiète.
Consciente des risques que ces pratiques font peser sur la cohésion sociale et la stabilité des institutions, l’OIDH et son partenaire de IDEA avec l’appui d’Affaires mondiales Canada, entend contribuer à bâtir une société plus résiliente face aux manipulations de l’information, en encourageant l’esprit critique, la vérification des faits et une consommation responsable des contenus numériques.
Le plaidoyer constitue aujourd’hui l’un des principaux moyens d’action de l’OIDH. L’organisation veut engager les pouvoirs publics, les médias, la société civile, les plateformes numériques et les citoyens à travers une campagne de proximité de sensibilisation au plan national afin d’unir leurs efforts pour préserver l’intégrité de l’espace informationnel. Elle plaide notamment pour le renforcement de l’éducation aux médias, l’amélioration des mécanismes de détection des campagnes de manipulation et la promotion d’une information crédible, vérifiée et accessible.
Dans un contexte où les échéances électorales constituent souvent des périodes propices aux opérations de manipulation, l’OIDH estime que la vigilance collective est devenue une exigence démocratique. Chaque citoyen est ainsi invité à vérifier les sources, à éviter le partage impulsif de contenus douteux et à privilégier les médias professionnels respectant les règles de l’éthique journalistique.
À travers cette mobilisation, l’OIDH réaffirme sa volonté de faire de la lutte contre les FIMI un combat permanent. Son ambition est claire : contribuer à instaurer un environnement informationnel sain, où le débat public repose sur des faits vérifiés plutôt que sur des campagnes de manipulation. Un engagement qui s’inscrit dans une démarche de défense des droits humains, de consolidation de la démocratie et de préservation de la paix sociale en Côte d’Ivoire.
Jules Eugène N’DA