Abidjan le 21 février 2026 – Le lauréat de la meilleure entreprise de l’immobilier est connu. Il se nomme Obrou Service. À sa tête, Ayémou Silvain, un directeur général encore surpris par l’ampleur de la distinction. Pour sa toute première participation, l’entreprise a raflé le trophée de la 9e édition du Salon de l’immobilier de Côte d’Ivoire (SICI), organisée sous le parrainage du ministère de la Construction.
Vendredi 20 février, à Angré Djirogobité, le patron d’Obrou Service s’est présenté face à la presse, visiblement ému. « On ne s’y attendait pas », confie-t-il. « Généralement, les prix sont décernés aux plus anciens. Il y a un jury, des critères, des délibérations. Quand on nous a appelés pour annoncer que c’était Obrou Service, nous étions surpris… mais heureux, parce que c’est mérité. »
L’édition 2026 du SICI a promené ses stands à travers le pays : de San-Pédro à Bouaké, en passant par Yamoussoukro, avant l’apothéose au Parc des expositions de Port-Bouët, à Abidjan. Un parcours du combattant pour cette société fondée en 2015. « Le jour où nous partions à San-Pédro, notre véhicule a connu de graves problèmes. À Bouaké, notre juriste est tombée gravement malade. À Abidjan, moi-même je n’ai pas pu assister à une étape. Mais nous n’avons pas baissé les bras », relate Ayémou Silvain.
Derrière la récompense, il voit « une satisfaction morale ». « Ce n’est pas le matériel. C’est le symbole. Quand ton travail est reconnu, cela signifie qu’on est fier de toi. » Le vote, insiste-t-il, n’avait rien d’arbitraire : visiteurs, exposants et membres du jury ont été consultés. « Ce n’est pas un choix anodin. C’est un choix fondé sur des critères précis. »
Aménageur foncier agréé, Obrou Service s’est imposé en quelques années comme un acteur crédible dans un secteur miné par les litiges. « Nous n’avons jamais eu de problème foncier avec nos clients. Les gens nous font confiance », martèle le DG, qui remercie partenaires, détenteurs de droits coutumiers et autorités gouvernementales.
Basée à Grand-Bassam, notamment sur l’île de Motobé, l’entreprise revendique trois sites majeurs approuvés : Atlantique 1 (248 hectares), Atlantique 2 (239 hectares) et Motobé Beach (211 hectares). À cela s’ajoutent des projets à Bonoua avec le lotissement Nivana, à Yaou Nord (201 hectares) et à Dabou.
Le modèle Obrou Service repose sur une promesse claire : transformer des terrains à l’état de friche en quartiers viabilisés. « Nous allons jusqu’aux VRD : voiries, réseaux divers, eau, électricité, internet. Nous prévoyons écoles, centres de santé, marchés, lieux de culte. Tout ce que vous trouvez à Abidjan, vous devez pouvoir le retrouver ailleurs », explique Ayémou Silvain. Une vision d’aménagement intégral qui, selon lui, répond au déficit criant de logements et de terrains sécurisés.
Le dirigeant salue également les réformes engagées par le ministère de la Construction. « Les nouvelles mesures vont réduire les problèmes liés au foncier. J’en sais quelque chose », affirme-t-il.
Mais au-delà des chiffres et des hectares, le DG fixe le cap, celui de maintenir l’exigence. « On ne veut pas s’arrêter là. Même si nous ne sommes pas toujours premiers, nous voulons rester parmi les deux ou trois meilleurs. Nous donnerons plus que ce que nous avons donné. »
À l’heure où le secteur immobilier ivoirien cherche à restaurer la confiance, Obrou Service entend capitaliser sur ce trophée pour asseoir sa réputation. « C’est un sentiment partagé. Cette joie, je la transmets à la population », conclut-il
Un sacre inattendu, mais assumé. Et peut-être le signal d’un nouvel équilibre dans le paysage foncier ivoirien.
JEN