Abidjan le 07 Juin 2025 – Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) hausse le ton. Samedi 7 juin 2025, dans une conférence de presse tenue au siège du parti à Cocody, Bredoumi Soumaïla, porte-parole du plus vieux parti politique ivoirien, a sonné l’alerte. L’exclusion de Tidjane Thiam de la liste électorale ? Une ligne rouge, un casus belli. « Il est temps que le changement arrive. Nous devons maintenir la pression en usant de tous les moyens démocratiques pour obtenir des élections inclusives, transparentes et démocratiques. Cela exige un audit de la liste électorale, une nouvelle RLE, et la réinscription du Président Tidjane Thiam de notre parti sur la liste électorale. Sans Tidjane Thiam, il n’y aura pas d’élection », a-t-il asséné devant les journalistes et militants de son parti chauffés à blanc.
La colère du PDCI
Pour le PDCI-RDA, la radiation de son président de la liste électorale n’est ni fortuite ni anodine. Elle serait, selon Bredoumi, le fruit d’une « stratégie de verrouillage » orchestrée par le pouvoir en place. « Le gouvernement est resté sourd à tous les appels au dialogue. Il a préféré passer en force. Radiant notre président et d’autres figures de l’opposition, il cherche à se choisir un adversaire sur mesure », dénonce-t-il.
Le péché de Tidjane Thiam, selon le porte-parole du PDCI, c’est d’être, chiffres à l’appui, le grand favori de la présidentielle d’octobre 2025. « Les sondages réalisés en Europe sont clairs. Dans une compétition ouverte, le président Thiam est largement en tête. Voilà tout son péché », lâche Bredoumi avec une ironie mordante.
Le PDCI ne compte pas baisser les bras. Depuis le 3 juin, le président Tidjane Thiam a saisi le Comité des droits de l’Homme des Nations Unies. Deux instances diplomatiques internationales suivent désormais son dossier, selon monsieur Bredoumi. Sur le terrain, le parti annonce une série d’actions notamment des marches éclatées dans plusieurs villes du pays, et surtout une marche nationale prévue à Abidjan le mercredi 11 juin.
« Nous avons saisi les autorités policières pour organiser nos manifestations dans la légalité. La rue sera notre voix, mais dans le respect de l’ordre républicain. Notre objectif reste inchangé : obtenir des élections inclusives, transparentes et démocratiques », martèle Bredoumi Soumaïla.
Le parti exige un audit indépendant de la liste électorale, une révision complète de la Liste Électorale (RLE), et surtout la réintégration de son président sur cette liste. Pour le PDCI, le combat est clair. Sans ces conditions, la présidentielle ne peut avoir lieu.
Le discours de Bredoumi se veut offensif, mais aussi fédérateur. Il exhorte les militants à la vigilance, pointant du doigt des infiltrations supposées lors des réunions du parti. « Nous savons que nos rencontres sont surveillées. Des intrus, déguisés en militants, rapportent tout au pouvoir. Mais nous ne fléchirons pas. Nous allons conquérir le pouvoir par les urnes, de manière démocratique », affirme-t-il.
Dans une métaphore saisissante, il compare la situation actuelle à une bataille de résistance : « C’est comme deux hommes qui tirent chacun une corde. Quand ta paume chauffe, celle de ton adversaire chauffe aussi. C’est la résistance qui compte », a-t-il souligné. Une manière de galvaniser les troupes dans un contexte de bras de fer qui s’annonce long.
Le porte-parole du PDCI a aussi rendu un hommage appuyé à l’ancien président Henri Konan Bédié, disparu en 2023. « La seule chose que nous pouvons encore lui offrir sur cette terre, c’est le retour du PDCI au pouvoir », a-t-il déclaré avec émotion, annonçant une série de marches à Daoukro, ville d’origine du défunt leader, après celle de Yamoussoukro et dans d’autres capitales régionales.
À l’international, Tidjane Thiam poursuit sa tournée pour mobiliser les partenaires et accroître la pression diplomatique. « Il est à l’extérieur pour mener le combat sur un autre front. Très bientôt, il sera de retour », promet Bredoumi qui enfonce le clou sans la moindre ambiguïté. « Le PDCI sera à cette élection. Mais s’il n’y a pas le président Tidjane Thiam, alors il n’y aura pas d’élection du tout. » Un avertissement sans détour au pouvoir, accusé de verrouiller le jeu politique.
À quatre mois de la présidentielle, le bras de fer s’intensifie entre le PDCI-RDA et un régime accusé d’instrumentaliser les institutions électorales. Le parti d’opposition annonce une résistance tous azimuts, entre pression populaire, offensive judiciaire et mobilisation internationale.
La bataille de 2025 ne fait que commencer. Et pour le PDCI-RDA, un mot d’ordre : ni recul, ni plan B.
JEN