Côte d’Ivoire : comment Valérie Yapo compte faire vaciller le PDCI-RDA après le verdict du 22 Mai 2025 pour obtenir un nouveau congrès 

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Abidjan, 23 mai 2025 – Pas de répit après la tempête judiciaire du jeudi 22 Mai. Bien que satisfaite du jugement mais toujours en alerte, Valérie Yapo, figure montante de la fronde interne au PDCI-RDA, vient de lancer un autre duel politique au sein du plus vieux parti ivoirien. Au lendemain d’un verdict qu’elle considère comme une victoire, l’ancienne députée ne se contente pas de la savourer. Elle vient de brandir une autre exigence qui pourrait être lourde de conséquences. Il s’agit de la tenue d’un nouveau congrès pour désigner, dans la clarté, selon elle, le véritable candidat du parti à la présidentielle d’octobre 2025.

« Pour éviter une grande humiliation, ils ont démissionné. C’est donc une grande victoire pour moi, Yapo Valérie », a-t-elle lancé, dans une déclaration au ton triomphal. Elle fait ici référence à ce qu’elle considère comme un revers cinglant infligé à la direction actuelle du parti, à commencer par Tidjane Thiam, dont l’ascension à la tête du PDCI a été, selon elle, entachée d’irrégularités que le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau aurait implicitement reconnues.

Mais la subtilité de sa stratégie transparaît dans l’analyse de Me Bokola Alain, son avocat. Ce dernier, sans s’épancher, évoque avec acuité « la fébrilité du candidat du PDCI-RDA » révélée par cette décision judiciaire. Une phrase lourde de sens, qui esquisse une lecture politique du verdict. Ce procès, plus qu’un simple recours en annulation, serait le révélateur d’un contrôle de l’appareil politique par des mains obscures.

Derrière l’apparente revanche personnelle de Valérie Yapo se dessine donc un projet politique structuré, celui de réhabiliter une ligne idéologique qu’elle estime trahie par la gouvernance actuelle du parti. Loin de clore le chapitre judiciaire, elle annonce d’ores et déjà une offensive au pénal contre Tidjane Thiam, qu’elle accuse d’avoir usé des subventions de l’État à des fins illégitimes depuis son « élection illégale ». Une posture offensive, presque guerrière, qui laisse peu de place au compromis.

Mais ce combat n’est pas que juridique. Il est aussi médiatique, personnel, et éminemment symbolique. La frondeuse promet de traduire devant les tribunaux certains internautes qu’elle accuse de diffamation, notamment une femme, non nommée, mais qu’elle semble avoir déjà identifiée. Ce détail, lancé comme une pique, illustre l’approche directe, parfois tranchante, que Valérie Yapo adopte dans sa communication.

Politiquement, elle affirme incarner un retour aux fondamentaux du PDCI-RDA à savoir le dialogue, la justice et le respect des textes. Ce triptyque, puisé dans l’héritage d’Houphouët-Boigny et de Bédié, devient l’armature idéologique de son combat. « Le Président Houphouët nous a légué un parti de dialogue, de justice et de paix. Le Président Bédié nous a transmis la rigueur dans le respect des textes et l’engagement pour la Côte d’Ivoire », rappelle-t-elle, comme pour légitimer sa posture d’héritière authentique face à une direction qu’elle juge illégitime.

Sa revendication centrale est claire. convoquer, dans les plus brefs délais, un nouveau congrès afin que les militants choisissent, eux-mêmes et démocratiquement, le porte-étendard du parti à la présidentielle d’octobre 2025. Une demande que d’aucuns qualifieront de séditieuse, mais qui s’inscrit dans une volonté affichée de refondation interne. Me Bokola enfonce le clou : cette décision de justice, dit-il, a révélé la fragilité du leadership leur candidat. Une assertion qui pourrait alimenter d’autres contestations internes.

Dans ce combat, Valérie Yapo ne se voit pas seule. Elle dit porter la « bénédiction » de feu le président Bédié, qu’elle qualifie de père politique, et dont l’ombre plane sur sa démarche. C’est là une forme d’onction symbolique qui confère à sa fronde une légitimité supplémentaire.

« Nous le ferons. Non par nostalgie, mais par devoir envers notre peuple », a-t-elle lancé, déterminée, avant de conclure par un vibrant appel : « Vive le PDCI-RDA ! Vive la démocratie interne dans notre parti ! Vive la Côte d’Ivoire, forte d’une nouvelle espérance avec le PDCI-RDA ! »

Loin de s’arrêter à une victoire judiciaire, Valérie Yapo veut transformer l’essai politique. Elle a dans sa ligne de mire le leadership actuel du parti et les pratiques qu’elle considère comme contraires à l’esprit Houphouétiste. 

JEN

#Pdci-Rda#Thiam#Valerie Yapo