Flambée des prix sur le marché : la main déséquilibrée d’Alassane Ouattara

Abidjan le 11 août 2022 –  « Je comprends les difficultés quotidiennes que vous éprouvez face à la hausse des prix. La célébration de la fête de l’indépendance 2022 se tient dans ce contexte difficile pour tous… qui affecte le pouvoir d’achat et touche durement le panier de la ménagère », avoue Alassane Ouattara. Qui dit avoir instruit son gouvernement à prendre des mesures fortes pour atténuer l’impact de l’inflation sur la cherté de la vie. C’était le 06 août 2022 lors de son adresse à la nation, veille du 62è anniversaire de l’indépendance du pays.

Il ne fait donc l’ombre d’aucun doute, Alassane Ouattara partage entièrement la peine de ses concitoyens. Qui tirent le diable par la queue pour subsister. « J’ai instruit le Gouvernement à l’effet de prendre des mesures fortes et à veiller à leur application effective », ajoute-t-il.

Ainsi, Alassane Ouattara croit-il pouvoir atténuer l’impact négatif de cette inflation mondiale sur la cherté de la vie dans son pays.

Ces petits régimes de bananes coûtent 20.000 FCFA (Photo: artici.info)

Mais là où le bat-blesse, malgré la subvention d’environ 500 milliards de F CFA, accordée par l’Etat depuis le début de l’année 2022, pour le carburant et le plafonnement temporairement des prix de plusieurs produits alimentaires de première nécessité tels que l’huile de palme raffinée, le sucre, le lait, le riz, la tomate concentrée, la viande de bœuf et les pâtes alimentaires, les difficultés ne cessent de croître. Ces produits connaissent malheureusement une double flambée de prix chaque jour sur le marché. Réduction de grammage et augmentation des prix

Les choix ont-ils été vraiment judicieux ou est-ce une simple ruse politique ?

Sur le plafonnement des prix

En effet, le gouvernement ne cesse d’inviter sa population à dénoncer le non-respect par commerçants du plafonnement des prix recommandés. Sauf que le seuil de ce plafonnement n’a jamais été communiqué pour une meilleure appréciation. Quelle marge à ne pas franchir ? Rien n’est dit à ce niveau. Ce qui laisse les populations à la merci des commerçants qui entendent eux aussi tirer profit de la situation. Les prix de l’huile de palme raffinée, le sucre, le lait, le riz, la tomate concentrée, la viande de bœuf et les pâtes alimentaires sont chaque jour en hausse.

Pourtant lors de son adresse à la nation, le chef de l’Etat rappelle la volonté de son Gouvernement à parvenir à une autosuffisance alimentaire.

Simple effet d’annonce ou simple ruse ?

Ce que l’on puisse dire, c’est que rien n’est respecté sur le terrain. Chacun pratique le prix qu’il veut. Et aucune unité de mesure pour apprécier si les prix sont au-delà de la marge recommandée par le gouvernement. Les populations sont abandonnées à leur triste sort. Aucune volonté politique accompagnant les décisions prises n’est perceptible sur le terrain. Pour tendre vers l’équilibre, Alassane Ouattara fait un ajustement de salaire de ses fonctionnaires. Un ajustement qui, face à l’inflation des prix semble ne rien changer dans la vie des fonctionnaires. Mais qu’en est-il pour les travailleurs du privé. Une main plus que déséquilibrée d’Alassane Ouattara. Qui donne à une partie de sa population et fait espérer l’autre moitié.

Ce que Alassane Ouattara demande à sa population

Dans son adresse à la nation, le chef de l’Etat semble inviter ses concitoyens à la patience d’un temps des réformes entreprises par son gouvernement. « Les récentes réformes adoptées par le Gouvernement pour encourager le secteur privé à investir dans les filières alimentaires, notamment la production locale de riz, de manioc, de banane plantain, de sorgho, de maïs et de soja entraîneront une augmentation de l’offre et, en conséquence, une réduction des prix de ces denrées », explique-il. Un objectif réaliste et réalisable selon lui. « Nous le pouvons », a-t-il indiqué comptant sur la cohésion sociale pour y arriver. Lire aussi

« J’ai noté, avec satisfaction, la volonté des organisations syndicales de privilégier le dialogue comme principal moyen de revendications sociales. Le Gouvernement a repris les discussions avec les organisations syndicales. Il s’agit de conclure une nouvelle trêve sociale pour les cinq années à venir », a annoncé Alassane Ouattara.

Inviter le privé à investir pour que cela ait un impact sur l’offre et la demande, mais surtout avec l’indulgence du front sociale, évidemment que cela doit tenir compte du temps. Ainsi les ivoiriens ne sont pas encore au bout de leur peine.

JEN

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