Côte d’Ivoire – flambée des prix : le gouvernement se frotte les mains

Abidjan le 29 juillet 2022 – Le savon, le sucre connaissent encore, depuis quelques jours, une double augmentation de leur prix sur le marché à Abidjan. En plus de la réduction de leur grammage, les prix sont encore en hausse dans toutes les grandes surfaces.

Pour le savon ; les moyens formats deviennent grands formats. Ils gardant tout de même l’étiquette grands formats avec des prix à la hausse. Une ruse qui marche bien. Puisque les populations n’en font pas attention.

Quant au sucre, le grammage est revu à la baisse. Il passe de 1Kg à 750 G avec un prix revu également à la hausse. Il en est de même pour bien d’autres produits de première nécessité.

Ces changements peuvent-ils être opérés dans un secteur régulé par l’Etat sans son aval ?

Bien sûr que non. L’Etat voit tout. Il suit tout. Il veille sur ses intérêts. Qui ne doivent en aucun moment être menacés. Les industriels travaillent pour l’Etat. La preuve ! Dès l’annonce de l’augmentation du prix de la baguette de pain par les boulangers un consensus a vite été trouvé. Entre boulangers et l’Etat. Il a porté sur le grammage. De 225g on est passé à 174g pour le même prix de 150 FCFA.

Pourtant, aucune communication sur le sucre, le savon et les autres produits qui connaissent une réduction considérable de poids. Ni sur le seuil du plafonnement des prix à ne pas franchir. Ce qui permettrait d’apprécier et de dénoncer si les commerçants pratiquent des prix au-delà du recommandable. Comme la sourie mord ses concitoyens et souffle sur la blessure pour bloquer la douleur.

Ces petits régimes de bananes vendus à 20.000 FCFA (Photo: artici.info)

Si le gouvernement reste bouche ‘‘B’’, eh bien parce qu’il y gagne. Mais quoi ? Les impôts et autres taxes sur les produits sont de véritables sources de revenu pour l’Etat. En réduisant le grammage et en augmentant les prix, les prévisions sur les recettes de l’Etat peuvent être respectées. L’Etat donne avec la main droite et le récupère avec la main gauche.

En effet, une bonne partie du budget de l’Etat prend en compte les taxes perçues sur les chiffres d’affaires des industriels. Et aussi avec les opérateurs économiques exerçant dans le pays.

L’Etat peut-il raisonnablement demander un maintien des prix s’il attend, dans sa projection budgétaire, un montant pour l’exécution de son programme annuel ? Voilà toute la problématique qui entoure l’évolution permanente des prix sur le marché.

JEN

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