Péage de Grand Bassam : la Sotra, l’arme de contrainte du gouvernement

Le gouvernement ivoirien a procédé vendredi 24 juin 2022 à l’ouverture officielle du péage Abidjan-Brand Bassam. Ce tronçon de 16,3 Km de 2X3 voies doit coûter à l’usager 1000 FCFA à chaque passage.

Dès cette annonce, elle ne fait que susciter des mécontentements au sein de la population. Qui juge ce montant excessif en ce temps d’inflation où le marché connait une flambée des produits de première nécessité.

Alors qu’Alassane Ouattara en a fait une promesse de campagne, son exploitation gratuite, l’usager doit pourtant payer 1000 FCFA au passage. Décision incompréhensible !

Loin d’entendre la détresse de sa population, le gouvernement Achi avance que ce péage est optionnel. Ceux qui ne souhaitent pas l’utiliser peut emprunter l’ancienne voie.

Mais là où le bât blesse, le gouvernement a une obligation de recouvrement. Il doit respecter le délai de remboursement de l’emprunt. Il est de 60 milliards de FCFA. Patrick Achi et son gouvernement ont une arme secrète pour contraindre les usagers.

Selon un haut cadre de l’administration en poste au ministère du transport et qui a requis l’anonymat, les usagers n’auront pas le choix.

Sotra, l’arme secrète du gouvernement

« Pensez-vous que c’est par un hasard qu’on a lancé la Sotra sur Bassam ? », questionne-t-il avant de lever le lièvre. « La question est en examen au ministère ».

En effet, depuis le lundi 23 mai 2022, la Société de Transport Abidjanais (Sotra) est présente à Grand-Bassam. Elle a lancé les bus 09 et 730 reliant Abidjan à la commune de la première capitale de la Côte d’Ivoire (1993).

Une présence qui n’est pas fortuite, du moins, si l’on s’en tient au propos de ce sachant. En effet, à l’instar des communes du Plateau et d’Adjamé qui ont des voies exclusivement réservées à la circulation des bus Sotra, l’ancienne voie pourrait faire l’objet de cession à la gestion de cette entreprise d’Etat.

Une fois le marché passé, aucun usager n’osera y pointer le nez. Les amendes de la Sotra, en terme d’infraction, sont hors normes. Ayant, elle-même, élaboré ses propres contraventions dans un pays où la loi a tout prévu, la Sotra en fait un usage à outrance à mainte occasion. Les usagers en infraction sur les voies réservées à la circulation des bus doivent payer 22.500 FCFA au risque de voir leur véhicule aller en fourrière. Il est donc clair qu’entre 22.500 FCFA et 1000 FCFA, le choix du péage s’impose.

JEN

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