Filière anacarde : le Ghana menace la production ivoirienne

le DG du conseil coton anacarde invite à un sens patriotique pour lutter contre la fuite de l'anacarde vers le Ghana voisin (Ph, Eli Kouassi cicg)

Le prix de l’anacarde profitera-t-il aux producteurs, du moins, ces cinq années à venir ? Difficile, voire impossible si l’on s’en tient aux propos du directeur général du Conseil Coton Anacarde (CCA), Adama Coulibaly.

Devant la fuite exponentielle de l’anacarde ivoirien vers le Ghana voisin, comprendre les raisons de cette ruée n’en est pas une préoccupation, du moins majeure pour l’instant. Pour Adama Coulibaly peu importe les raisons, il faut y mettre un terme immédiatement et cela requiert tout simplement que les ivoiriens soient habités par une dose de ‘‘fibre patriotique’’ quand il s’agit de l’intérêt national.

« Je ne veux pas rentrer dans les raisons, mais j’estime que c’est un principe. Il faut quand même qu’on ait un peu de fibre patriotique en Côte d’Ivoire ! », a simplement déclaré le directeur général du Conseil Coton Anacarde devant l’évasion des fèves (cacao, anacardes) vers les pays voisins qui ne profitent qu’à ces derniers.  

« Quand le Ghana exporte, il peut avoir 100 à 200 dollars de plus que la Côte d’Ivoire. Nous avons vocation à développer notre pays. Le gouvernement a vocation à mettre des infrastructures dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire. La filière anacarde entend y participer. Nous entretenons des pistes rurales, en ouvrons avec l’argent de la filière », a-t-il expliqué avant de préciser le sens du combat du Conseil Coton Anacarde qui consiste, selon lui, à œuvrer pour maintenir la place de leader de la Côte d’Ivoire dans la production de l’anacarde.

« Si notre position de leader n’est pas protégée, que notre produit part chez les voisins, c’est les voisins qui comptabilisent dans leur statistique et il en va ainsi sur le plan international. C’est pourquoi, ce combat nous paraissait hautement stratégique pour maintenir notre position de leader mais surtout ne pas permettre aux autres de bénéficier du fruit du labeur de nos plantations », souligne le directeur général du CCA. 

Fixé à 305 FCFA le kg, l’anacarde se négocie aujourd’hui sur le terrain entre 200 et 260 FCFA dans la partie Est du pays. Un prix qui est loin de satisfaire les producteurs quand le Ghana voisin offre entre 400 FCFA et 600 FCFA le Kg.

« C’est possible que les produits soient écoulés vers le Ghana. Pour ceux qui ne le savent pas, le Ghana jusqu’à cette campagne ne régule pas sa filière anacarde. Il n’y a pas de prix fixé », justifie Adama Coulibaly pour qui toutes les déclarations faites autour du prix de l’anacarde ne sont que l’intoxication.

« Les gens viennent vous dire que le Ghana a fixé le prix à 1000 FCFA alors qu’en Côte d’Ivoire, c’est 400 FCFA ou 300 FCFA. Il y a beaucoup d’intox, chaque fois avec des visées qui n’ont rien avoir avec l’économie et ça c’est un peu malheureux ! », a-t-il déploré même s’il reconnait le prix du kg pratiqué par le Ghana en hausse par rapport à la Côte d’Ivoire.

« La meilleure qualité des noix de cajou c’est dans le Gontougo et le Boukani. Et c’est là-bas qu’il y a le plus de fuite de produits vers les voisins. Cette pratique confère au Ghana une meilleure qualité de produit à l’international et du coup lui permet de capter sur chaque tonne près de 100 dollars selon les campagnes par rapport au prix offert à la Côte d’Ivoire. Si à la Côte d’Ivoire, l’offre est de 1200 dollars la tonne, le Ghana peut facilement avoir entre 1300 et 1350 dollars la même tonne », a-t-il avoué.

JEN

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